dimanche 24 février 2013

3/ Les Sacrements au sein de l’Eglise de Saint-Jean-le-Mystique Vieille-Catholique



Fidèle aux principes de l’Eglise Vieille-Catholique en sa globalité à laquelle elle prend source, fidèle de même (comme la première) aux principes du Droit comme de la Liturgie Romains dont elle participe aussi, l’Eglise de Saint-Jean-le-Mystique Vieille-Catholique (çà et là encore, Eglise Mystique de Saint-Jean) recoure aux Sacrements que dispensent ses Clercs, selon leur état propre et selon les vues et moyens de l’Eglise Catholique et Apostolique en sa globalité. Nous présentons ci-après lesdits Sacrements. Qu’il soit une fois pour toutes dit ici que si, attendu et nos principes-directeurs et notre attachement à la Liturgie traditionnelle (ce qui n’est point traditionalisme), nous référons comme base de réflexion et d’action au corpus de la Liturgie et du Droit tridentins (1), il n’empêche que notre époque n’est pas celle de la création dudit corpus, et qu’il convenait donc que certains amendements, certaine adaptation, fut permise et faite çà et là ; toujours toutefois, lorsque cela était dûment justifié, et alors nous efforçant de conserver le plus intact possible – sinon la forme humaine du texte – l’esprit initial.

Des Sacrements en général

Il existe une Doctrine Chrétienne, qui exige de la part des Ministres de l’Eglise des connaissances et des soins, dont la science des Sacrements, si impérieusement prescrite et si féconde en grâces de salut, qui demande une instruction et un zèle tout particuliers. Les Ministres devront donc traiter fréquemment ce sujet, avec toute l’exactitude possible. C’est le moyen de rendre les Fidèles dignes de participer comme il convient, à des choses si excellentes et si saintes.
Les sacrements de l’Eglise, sont au nombre de sept. C’est que, pour vivre, pour conserver la vie, pour l’employer utilement, tant pour lui-même que pour la société, l’Homme a besoin de sept choses : Il faut qu’il naisse, qu’il croisse, qu’il se nourrisse, qu’il se guérisse ; s’il tombe malade, il faut qu’il répare ses forces, lorsqu’elles ont été affaiblies ; ensuite au point de vue social, il faut encore qu’il ne manque jamais de magistrats investis d’une légitime autorité ; enfin, qu’il se perpétue, lui-même et le genre humain, par la génération des enfants. De fait, ces sept conditions semblent répondre assez bien à la vie spirituelle, c’est-à-dire à la vie de l’âme pour Dieu, et par conséquent, il est facile de trouver dans ce que nous venons de dire la raison du nombre des Sacrements.
Le Baptême, qui est le premier et comme la porte des autres, nous fait naître à Jésus-Christ.
La Confirmation vient ensuite. Elle augmente en nous la Grâce de Dieu et nous fortifie par sa vertu. Les Apôtres étaient déjà baptisés, au témoignage de Saint Augustin, lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ leur dit : Demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la Vertu d’en haut.
Puis l’Eucharistie qui, comme un aliment vraiment céleste, nourrit et soutient nos âmes. C’est d’elle que le Sauveur dit : Ma Chair est véritablement une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage.
En quatrième lieu vient la Pénitence, qui rend la santé à nos âmes, quand elles ont été blessées par le péché.
Ensuite l’Extrême-Onction, qui enlève les restes du péché, et renouvelle les forces de l’âme. L’Apôtre Saint Jacques a dit de ce Sacrement qu’il remet nos péchés, si nous en avons.
Le sixième est l’Ordre. C’est lui qui perpétue dans l’Eglise le ministère des Sacrements, en donnant à ceux qui le reçoivent le pouvoir de les administrer publiquement, et d’exercer toutes les autres fonctions du culte.
Enfin le Mariage. Ce sacrement est primitivement institué, afin que, dans une union sanctifiée, l’homme et la femme puissent donner des enfants pour le service de Dieu et pour la conservation du genre humain, et aussi afin qu’ils soient capables de les élever chrétiennement.
Si tous les Sacrements possèdent en eux-mêmes une Vertu divine et admirable, cependant ils ne sont pas tous d’une égale nécessité, pas plus qu’ils n’ont ni la même dignité, ni la même signification. Ainsi il y en a trois qui sont regardés comme vraiment nécessaires quoique à des titres différents. Le Baptême est absolument nécessaire à tous sans aucune exception : Le Sauveur l’a déclaré Lui-même dans ces paroles : Si quelqu’un ne renaît pas de l’eau et de l’esprit, il ne peut point entrer dans le Royaume de Dieu. La Pénitence est nécessaire aussi, mais seulement à ceux qui ont commis quelque péché grave après leur Baptême. Enfin l’Ordre est également d’une nécessité rigoureuse, non pas aux Fidèles en particulier, mais à l’Eglise en général.
Si l’on considère dans les Sacrements leur dignité et leur excellence, l’Eucharistie l’emporte de beaucoup sur tous les autres par la sainteté, le nombre et la grandeur des Mystères qu’elle contient.
Quoique Dieu soit regardé comme étant le véritable Auteur et Dispensateur des Sacrements, c’est par des hommes qu’ils sont administrés dans l’Eglise. Et la tradition constante des saints Pères nous apprend que pour produire un Sacrement, l’office du Ministre est aussi nécessaire que la matière et la forme.
Or, ces Ministres, dans l’exercice de leurs fonctions saintes, n’agissent pas en leur propre nom, mais au nom de Jésus-Christ, dont ils représentent la Personne. Et c’est pourquoi, qu’ils soient bons ou qu’ils soient mauvais, pourvu qu’ils emploient la matière et la forme que l’Eglise a toujours employées, d’après l’institution de Jésus-Christ, et qu’ils aient l’intention de faire ce que fait l’Eglise elle-même en les administrant, les Sacrements qu’ils produisent et confèrent, sont de véritables Sacrements. D’où il suit que rien ne peut empêcher le fruit de la Grâce, si ceux qui reçoivent les Sacrements ne veulent se priver eux-mêmes d’un si grand bien, et résister au Saint-Esprit. Telle a toujours été la Foi très explicite de l’Eglise.
Les effets des Sacrements sont au nombre de deux principaux : Le premier sans contredit est la Grâce, que tous les Docteurs appellent sanctifiante, et que l’Apôtre Saint Paul exprime très clairement quand il dit : Jésus-Christ a aimé son Eglise, il s’est livré pour elle, pour la sanctifier, en la Purifiant par le Baptême de l’eau dans la Parole de vie. Le second ne leur est point commun à tous ; il n’appartient qu’à trois d’entre eux, au Baptême, à la Confirmation et à l’Ordre.
Le second effet des Sacrements, c’est le caractère qu’ils impriment dans l’âme. Lorsque l’Apôtre dit : Dieu nous a oints de son onction. Il nous a marqués de son sceau, et Il a mis comme gage le Saint-Esprit dans nos cœur, ces paroles : Il nous a marqués de son sceau, désignent clairement un caractère, puisque l’effet propre du caractère est de marquer et de former une empreinte. Or ce caractère est comme une marque imprimée dans l’âme, qui ne peut s’effacer ni être détruite : elle y demeure éternellement.
Ce caractère a deux effets : l’un nous rend capables de recevoir et de faire certaines choses du domaine de la Religion, l’autre est comme un signe qui nous distingue de ceux qui n’en ont pas été marqués.


La forme essentielle et parfaite du Baptême est dans ces mots : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » C’est en ces termes en effet qu’elle fut donnée par Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Dieu, lorsqu’Il dit formellement à ses Apôtres Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Par ce mot : baptisez, l’Eglise catholique, inspirée de Dieu, a toujours compris que dans la forme de ce Sacrement, il fallait exprimer l’action du ministre. Et c’est ce que l’on fait, en disant : « Je te baptise. » Mais, outre les ministres, il fallait encore exprimer et la personne qui reçoit le Baptême, et la cause principale qui produit le Sacrement. Voilà pourquoi l’on ajoute le mot : te, et le nom de chacune des trois Personnes de la Sainte Trinité. De sorte que la forme entière et complète du Sacrement est renfermée dans ces paroles que nous venons de citer : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Ce n’est pas en effet la Personne seule du Fils qui opère l’effet de ce Sacrement, quoique Saint Jean dise : c’est Lui qui baptise, mais ce sont les trois Personnes de la Sainte Trinité ensemble. Et si l’on dit : Au nom, et non pas, dans les noms, c’est pour marquer qu’il n’y a qu’une seule nature et une seule divinité dans la Trinité. Ce mot ne se rapporte donc point aux Personnes ; il désigne la substance, la vertu, la puissance divine qui est une et la même dans les trois Personnes.
L’eau n’est employée dans le Baptême que pour signifier l’ablution intérieure de l’âme, que ce Sacrement opère. Voilà pourquoi Saint Paul l’appelle un bain.
La première les dispositions de ceux qui se présentent au Baptême, c’est le désir et la volonté ferme d’être baptisés. Puisque par le Baptême on meurt au péché, et on embrasse une vie nouvelle, et des principes nouveaux, il est juste de ne le conférer à qui que ce soit malgré lui, et de ne le donner qu’à ceux qui l’acceptent volontairement et avec plaisir. La tradition nous apprend que la coutume a toujours existé de demander à celui que l’on va baptiser s’il a la volonté de l’être. Et il ne faut pas penser que cette volonté manque, même chez les plus jeunes enfants, puisque l’Eglise répond pour eux, et que sa propre volonté à cet égard est bien évidente.
Mais outre le désir formel du Baptême que doivent avoir ceux qui veulent le Baptême, la Foi leur est également nécessaire pour recevoir la grâce du Sacrement, et nécessaire au même titre que la volonté. Car ce n’est pas sans motif que Notre-Seigneur a dit : Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. De plus il faut qu’ils aient un repentir sincère de tous leurs péchés, de toute leur mauvaise conduite antérieure, et une ferme résolution de ne plus pécher à l’avenir.
S’agissant des effets du Baptême, la première chose à apprendre sur ce point, c’est que tous nos péchés nous sont remis et pardonnés par la vertu merveilleuse du Sacrement de Baptême.
Cependant il faut le reconnaître, et le saint Concile l’a formellement décrété dans le même endroit, la concupiscence ou le foyer du péché subsiste encore chez les baptisés ; mais la concupiscence n’est point le péché.
Non seulement le Baptême remet tous les péchés, mais grâce à l’infinie bonté de Dieu, il remet en même temps toutes les peines qui leur sont dues. Il est vrai que les Sacrements ont la vertu de nous communiquer les mérites de la Passion de Jésus-Christ. Mais c’est du Baptême que l’Apôtre a dit que par lui nous mourons et sommes ensevelis avec Jésus-Christ.
Mais s’il est absolument certain que le Baptême remet toutes les peines dues aux péchés, cependant il n’exempte point de ces châtiments que les tribunaux humains infligent aux grands criminels.
Ce Sacrement, non seulement nous délivre, par la vertu qui lui est propre, de tout ce que l’on peut vraiment appeler les maux, mais qu’il nous enrichit encore des biens et des dons les plus précieux. Ainsi il remplit notre âme de cette Grâce divine qui nous rend justes, et nous fait enfants de Dieu, héritiers du salut éternel. Car, comme il est écrit : celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; et l’Apôtre affirme que l’Eglise a été Purifiée par le Baptême de l’eau par la parole. Or, d’après le décret du Concile de Trente, la grâce reçue dans le Baptême n’efface pas seulement nos péchés, mais elle est encore comme une qualité divine qui s’attache à l’âme, c’est comme un rayon, une lumière qui en absorbe toutes les taches, et qui la rend plus belle et plus brillante. Cette vérité se déduit aussi très clairement de l’Ecriture sainte, lorsqu’elle dit que la grâce est répandue dans nos cœurs, et qu’elle est un gage du Saint-Esprit.

Du sacrement de Confirmation

L’Eglise a donné le nom de Confirmation à ce Sacrement, parce que celui qui après son Baptême reçoit de l’Evêque l’onction du Saint Chrême avec ces paroles sacramentelles « Je vous marque du Signe de la Croix et je vous confirme par le Chrême du salut, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit », reçoit aussi, quand rien n’arrête l’efficacité du Sacrement, une Vertu nouvelle qui le rend plus fort, et qui en fait un parfait soldat de Jésus-Christ.
Par le Baptême les hommes sont engendrés à une vie nouvelle ; par la Confirmation au contraire, déjà engendrés auparavant, ils deviennent des hommes faits, en laissant ce qui tient de l’enfance ; dès lors, autant il y a de différence entre la naissance et l’accroissement dans la vie naturelle, autant il y en a entre le Baptême qui nous régénère spirituellement et la Confirmation qui nous fait croître, et nous donne la force parfaite de l’âme.
La matière du Sacrement de Confirmation s’appelle Chrême. Ce mot tiré du grec, est employé par les écrivains profanes pour désigner toute espèce de parfums.
Mais les Auteurs ecclésiastiques ne l’appliquent communément qu’à cette composition d’huile et de baume, qui se fait avec la bénédiction solennelle de l’Evêque. Ainsi, deux choses sensibles mêlées ensemble sont la matière de ce Sacrement. Et par le mélange des éléments différents qui la composent, cette matière nous montre la diversité des dons du Saint-Esprit, communiqués au confirmé. Elle fait voir très bien également l’excellence de la Confirmation.
L’huile, qui de sa nature est grasse, qui coule et se répand facilement, exprime la plénitude de la grâce qui, par le Saint-Esprit déborde et s’étend de Jésus-Christ notre Chef sur nous comme ce parfum qui coule sur la barbe d’Aaron, et jusque sur ses vêtements. – Dieu, en effet a versé l’huile de joie sur son Fils avec plus d’abondance que sur tous les autres, et nous avons tous reçu de sa plénitude.
Le baume dont le parfum est très agréable, signifie la bonne odeur de toutes les vertus que les Fidèles répandent, après avoir été rendus parfaits par la Confirmation, et qui leur permet de dire avec Saint Paul : nous sommes la bonne odeur de Jésus-Christ devant Dieu. – Une autre propriété du baume, c’est de ne pas laisser corrompre les choses qui en ont été enduites ; ce qui exprime admirablement la vertu du sacrement de Confirmation, puisqu’il est constaté que les cœurs des Fidèles, prémunis par la grâce céleste qu’il communique, se préservent facilement de la contagion du péché.
Ce sacrement n’est pas d’une nécessité absolue qu’il soit impossible de se sauver sans lui. Mais quoiqu’il ne soit pas nécessaire, personne cependant ne doit s’en abstenir ; loin de là ; il faut craindre au contraire, clans une chose si sainte qui nous communique d’une manière si abondante les dons de Dieu, de commettre la moindre négligence. Ce que Dieu a établi pour la sanctification de tous, tous doivent aussi le rechercher avec le plus grand empressement.
Tous ceux qui sont baptisés peuvent être confirmés ; cependant il ne convient pas d’administrer ce Sacrement à ceux qui n’ont pas encore l’usage de la raison ; et si l’on ne croit pas qu’il soit nécessaire d’attendre l’âge de douze ans, au moins est-il convenable de ne pas l’administrer avant l’âge de sept ans.
La confirmation a cela de commun avec les autres Sacrements, qu’elle donne une grâce nouvelle, si elle ne trouve aucun empêchement dans celui qui la reçoit. Tous les Sacrements sont des signes mystiques et sacrés, qui signifient et produisent tout à la fois la Grâce sanctifiante. Ainsi la Confirmation remet et pardonne les péchés, puisqu’il est impossible de supposer un instant la grâce avec le péché. Mais outre ces effets qui sont ceux de tous les Sacrements en général, la Confirmation a d’abord cela de particulier, qu’elle perfectionne la grâce du Baptême. Ceux qui sont devenus Chrétiens par le Baptême demeurent encore faibles et sans énergie, comme des enfants nouvellement nés, mais ensuite le sacrement du saint Chrême les rend plus forts pour résister aux attaques de la chair, du monde et du démon ; il fortifie la foi dans leurs cœurs, pour qu’ils puissent confesser et glorifier le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et c’est pour cela sans doute que ce Sacrement a reçu le nom de Confirmation.
Si les Ministres veulent faire connaître la divine efficacité de ce Sacrement il leur suffira d’expliquer ce qui arriva aux Apôtres. Avant la Passion, et à l’heure même de la Passion, ils étaient si timides et si faibles, qu’ils prirent la fuite aussitôt qu’ils virent arrêter Jésus-Christ. Pierre lui-même, qui avait été désigné pour être la pierre fondamentale de l’Eglise, qui avait montré d’ailleurs beaucoup de courage et de grandeur d’âme, Pierre s’effraye à la voix d’une simple femme, et soutient non pas une fois, ni deux, mais trois fois de suite, qu’il n’est point le disciple de Jésus-Christ. Tous enfin, après la Résurrection, se retirent dans une maison et s’y renferment par la crainte qu’ils ont des Juifs. Le jour de la Pentecôte, au contraire ils sont tellement remplis de la vertu du Saint-Esprit, qu’ils se mettent à prêcher hardiment, et en toute liberté, l’Evangile qui leur a été confié non seulement aux Juifs, mais à l’univers tout entier, et qu’ils ne trouvent pas de plus grand bonheur que celui d’être jugés dignes de souffrir pour le nom de Jésus-Christ, les affronts, la prison, les tourments et les croix.
Enfin la Confirmation a la vertu d’imprimer un caractère qui fait qu’on ne peut la recevoir plus d’une fois, ainsi qu’il en est du Baptême, et comme nous le verrons en parlant du sacrement de l’Ordre.


Parmi les signes mystiques et sacrés institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour être comme les canaux fidèles de sa Grâce, il n’en est aucun que l’on puisse comparer à l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Mais aussi il n’est pas de faute que de manquer de respect et de piété envers un Sacrement qui renferme tant de sainteté, ou plutôt qui contient l’Auteur même, et le Principe de toute sainteté.
On appelle ce Sacrement Eucharistie, mot que nous pouvons traduire en français par Grâce excellente, ou Action de grâces : deux choses qui lui conviennent parfaitement. C’est une grâce excellente, soit parce qu’Il figure la Vie Eternelle, dont il a été dit : la grâce de Dieu est la Vie Eternelle ; soit parce qu’il contient Jésus-Christ qui est la grâce même, et la source de toutes les grâces. C’est encore évidemment une action de grâces, puisque en immolant cette victime de toute pureté, nous rendons tous les jours à Dieu d’infinies actions de grâces pour tous les bienfaits dont Il nous comble, et spécialement pour le don si parfait de la grâce qu’Il nous communique par ce Sacrement. De plus, ce nom s’accorde aussi très bien avec les circonstances qui en accompagnèrent l’institution. Car Jésus-Christ ayant pris du pain, le rompit et rendit grâces.
Souvent aussi, on lui donne le nom de Sacrifice ; mais nous parlerons bientôt de ce Mystère avec plus d’étendue.
On le nomme encore Communion, mot évidemment emprunté à ce passage de l’Apôtre : le calice de bénédiction que nous bénissons, n’est-il pas la communication du Sang de Jésus-Christ ? et le pain que nous rompons, n’est-il pas la participation du Corps du Seigneur ? Car, comme l’explique Saint Jean Damascène, ce Sacrement nous unit à Jésus-Christ, et nous fait participer à sa chair et à sa divinité ; puis il nous rapproche, il nous unit en Lui, pour ne plus faire de nous tous qu’un seul corps.
C’est pour cette raison qu’on l’appelle aussi le Sacrement de la Paix et de la Charité. Et ces mots nous font comprendre combien sont indignes du nom de Chrétiens ceux qui entretiennent des inimitiés les uns contre les autres, et avec quel zèle nous devons bannir loin de nous les haines, les dissensions, et les discordes, qui sont une peste si terrible ; d’autant, que par le Sacrifice quotidien de notre Religion nous protestons hautement que nous voulons avant tout conserver la Paix et la Charité.
Les Auteurs sacrés lui donnent encore souvent le nom de Viatique, soit parce qu’il est la nourriture spirituelle, qui nous soutient dans le pèlerinage de cette vie ; soit parce qu’il nous prépare et nous assure le chemin qui conduit à la gloire et à la félicité éternelle. C’est pour cela que la coutume a toujours été observée dans l’Eglise, de ne laisser mourir personne sans l’avoir muni de ce Sacrement.
Enfin il y a des Pères de l’Eglise très anciens, qui, fondés sur l’autorité de l’Apôtre ont donné quelquefois à l’Eucharistie le nom de Cène parce que Notre-Seigneur Jésus-Christ l’institua dans le mystère, si précieux pour nous, de la dernière Cène.
L’Eucharistie est un véritable Sacrement, et l’un des sept que l’Eglise a toujours reconnus et vénérés. D’abord dans la consécration du calice, il est appelé le mystère de la Foi. Ensuite, sans parler de ces témoignages presque innombrables des Auteurs ecclésiastiques qui ont constamment placé l’Eucharistie au rang des vrais Sacrements, on trouve une preuve de son existence dans sa propre essence.
En effet, nous y voyons des signes extérieurs et sensibles ; la Grâce y est figurée et produite ; enfin les Evangélistes et l’Apôtre ne laissent aucun lieu de douter que Jésus-Christ n’en soit l’Auteur. Or, ce sont là précisément les caractères qui conviennent exclusivement aux Sacrements, et là où ils se rencontrent, il n’est pas besoin de chercher d’autres preuves.
Mais il faut observer, et avec soin, qu’il y a plusieurs choses dans ce Mystère auxquelles les Auteurs ecclésiastiques ont donné le nom de Sacrement.
Ainsi ils ont appelé Sacrement la Consécration, la Communion, et souvent même le Corps et le Sang de Notre-Seigneur qui sont renfermés dans l’Eucharistie. Saint Augustin dit que ce Sacrement consiste en deux choses, l’apparence visible des éléments, et la vérité invisible de la chair et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est dans le même sens que nos disons qu’il faut adorer ce Sacrement, c’est-à-dire, le Corps et le Sang de Notre-Seigneur. Mais il est évident que toutes ces choses ne s’appellent Sacrement que d’une manière impropre. Ce nom ne convient essentiellement et réellement qu’aux seules espèces du pain et du vin.
On voit par là combien l’Eucharistie diffère de tous les autres Sacrements. Ceux-ci ne subsistent que par l’emploi de la matière, c’est-à-dire, à l’instant même où ils sont administrés. Le Baptême, par exemple, ne s’élève à l’état de Sacrement, que dans le moment où l’on emploie l’eau pour baptiser quelqu’un. Mais pour compléter et parfaire l’Eucharistie, il suffit de la consécration de la matière, laquelle ne cesse point d’être un vrai Sacrement, dans le vase même où on la tient en réserve.
De plus dans les autres Sacrements, la matière et les éléments employés ne se changent point en une autre substance. L’eau du Baptême et l’huile de la Confirmation ne perdent point leur nature primitive d’eau et d’huile, lorsqu’on administre ces Sacrements. Mais dans l’Eucharistie, ce qui était du pain et du vin avant la consécration, change après la consécration et devient véritablement le Corps et le Sang de Notre-Seigneur.
Cependant, quoiqu’il y ait deux éléments, le pain et le vin, pour faire la matière intégrale de l’Eucharistie, il n’y a qu’un seul Sacrement et non pas plusieurs, selon la doctrine enseignée par l’Eglise.
L’Eucharistie exprime principalement trois choses la première est une chose passée ; c’est la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il nous l’apprend Lui-même par ces paroles : faites ceci en mémoire de moi. Puis, l’Apôtre dit positivement : toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort de Jésus-Christ, jusqu’à ce qu’Il vienne.
La seconde est une chose présente. C’est la Grâce divine et céleste que ce Sacrement nous communique pour nourrir et conserver nos âmes. Dans le Baptême nous sommes engendrés à une vie nouvelle ; dans la Confirmation nous sommes fortifiés, afin de pouvoir résister à Satan, et confesser publiquement Jésus-Christ. Mais dans l’Eucharistie nous recevons la nourriture qui entretient en nous la Vie spirituelle.
La troisième regarde l’avenir, ce sont les délices et la gloire éternelle dont Dieu a promis de nous faire jouir dans la céleste patrie.
Ces trois choses, qui ont évidemment rapport au passé, au présent et à l’avenir, sont néanmoins si bien signifiées par le mystère sacré de l’Eucharistie, que le Sacrement, quoique composé d’espèces différentes, représente chacune d’elles en particulier, comme si elles n’en faisaient qu’une seule.
Ce Sacrement a deux matières : la première dont nous allons parler, c’est le pain de pur froment ; puis, la seconde que nous verrons plus loin.
Mais si le pain de froment doit seul être regardé comme la matière de l’Eucharistie, (conformément à la tradition Apostolique et à l’enseignement formel de l’Eglise Catholique), il est facile de se convaincre que ce pain doit être sans levain, d’après ce que fit Notre-Seigneur le jour où Il institua ce Sacrement. C’est en effet le premier des azymes, et chacun sait que ce jour-là il était défendu aux Juifs d’avoir du pain levé dans leurs maisons.
Cependant cette qualité (pour le pain) d’être sans levain n’est pas tellement nécessaire, que le Sacrement ne puisse exister, si elle venait à manquer. Le pain azyme et le pain levé conservent également le nom, les propriétés et toute la nature du pain véritable, toutefois il n’est permis à personne, de changer de son autorité privée, ou pour mieux dire d’avoir la témérité de changer la sainte coutume de son Eglise.
Venons maintenant à l’autre matière de l’Eucharistie. Cette seconde matière est le vin exprimé du fruit de la vigne, mais auquel il faut mêler un peu d’eau. L’Eglise catholique a toujours enseigné que notre Sauveur avait employé du vin dans l’institution de ce Sacrement, puisqu’il dit Lui-même : Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’à cet autre jour... Si c’est le fruit de la vigne, remarque Saint Jean Chrysostome, c’est donc du vin et non pas de l’eau, comme s’il eût voulu détruire longtemps d’avance l’hérésie de ceux qui prétendaient que l’eau seule devait être employée dans le mystère de l’Eucharistie.
Cependant l’usage a toujours été dans l’Eglise de mêler un peu d’eau au vin. D’abord parce que l’autorité des Conciles et le témoignage de Saint Cyprien nous apprennent que Notre-Seigneur le fit Lui-même ; ensuite parce que ce mélange nous rappelle le Sang et l’eau qui coulèrent du côté de Jésus-Christ. Enfin l’eau, comme nous le voyons dans l’Apocalypse, représente le peuple. L’eau mêlée au vin, exprime très bien l’union du peuple fidèle avec Jésus-Christ son Chef. Au reste cet usage est de tradition apostolique, et l’Eglise l’a toujours observé. Mais quelques graves que soient les raisons de mettre de l’eau dans le vin, et bien qu’on ne puisse la supprimer sans pécher mortellement, si elle venait à manquer, le Sacrement n’en existerait pas moins. Enfin ce que les Prêtres devront bien observer, c’est que si dans la célébration des saints Mystères, il est nécessaire de mêler un peu d’eau au vin, ce ne doit être qu’en petite quantité, puisque, au jugement des théologiens, cette eau se change en vin.
Il n’y a donc que le pain et le vin qui soient la matière de l’Eucharistie ; et c’est à bon droit que l’Eglise a défendu, par plusieurs décrets, d’offrir autre chose que le pain et le vin, comme quelques-uns avaient la témérité de, le faire.
Cas deux éléments avaient encore cet avantage qu’ils pouvaient servir à convaincre les hommes de la présence réelle du Corps et du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Tous les jours nous voyons le pain et le vin se changer, par les seules forces de la nature, en notre chair et en notre sang.
C’est une image qui peut facilement nous amener à croire que la substance du pain et du vin est changée, par les paroles de la Consécration, au vrai Corps et au vrai Sang de Notre-Seigneur.
Le changement miraculeux de ces éléments peut servir aussi à nous faire entrevoir ce qui se passe dans l’âme. De même, en effet, que- la substance du pain et du vin est changée réellement au Corps et au Sang de Jésus-Christ, quoiqu’il n’y ait aucune apparence visible de ce changement ; de même, quoique rien ne paraisse changer en nous au dehors, cependant nous nous trouvons intérieurement renouvelés pour la Vie spirituelle, en recevant la Vie véritable, dans le sacrement de l’Eucharistie.
Les Evangélistes Saint Matthieu, Saint Luc et l’Apôtre Saint Paul, nous apprennent que la forme de l’Eucharistie consiste dans ces paroles : Ceci est mon Corps, car voici ce qui est écrit : pendant qu’ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant : prenez et mangez ; ceci est mon Corps. Cette forme, employée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même pour la consécration de son Corps, a été constamment en usage dans l’Eglise catholique.
Quant à la Consécration du vin qui est la seconde matière du Sacrement, il faut pour les mêmes raisons que nous avons apportées plus haut, que le Prêtre en connaisse parfaitement la forme : Or, nous devons tenir pour certain qu’elle est ainsi formulée : « Ceci est le Calice de mon Sang, de la nouvelle et éternelle Alliance, le mystère de la Foi, qui sera versé pour vous et pour plusieurs, pour la rémission des péchés. » De ces paroles plusieurs sont tirées de l’Ecriture, et l’Eglise a reçu les autres d’une tradition apostolique : On trouve dans Saint Luc et dans l’Apôtre : Ceci est le Calice ; et dans Saint Luc ainsi que dans Saint Matthieu : de mon sang, ou mon Sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Quant à ces autres expressions, éternelle, et, mystère de la Foi, nous les tenons de la tradition interprète et gardienne de la Vérité catholique.
Le premier des effets du Sang de Notre-Seigneur, c’est l’accès à l’héritage éternel, auquel nous donne droit l’Alliance nouvelle et éternelle. Le second, c’est l’accès à la justice par le mystère de la Foi. Car Dieu a établi Jésus-Christ pour être la Victime de propitiation, par la Foi dans sort Sang, montrant tout ensemble qu’Il est juste. Lui-même, et qu’Il justifie celui qui a la Foi en Jésus-Christ. Le troisième effet est la rémission des péchés.
Mais comme ces paroles de la Consécration du vin sont pleines de mystères ; et qu’elles sont parfaitement appropriées à ce qu’elles expriment, il y a lieu de les examiner avec le plus grand soin. Quand on dit : « Ceci est le calice de mon Sang », ces mots signifient ceci est mon Sang qui est contenu dans ce calice. Et c’est avec beaucoup de sagesse et de raison que l’on fait mention du calice, en consacrant le Sang qui doit être le breuvage des Fidèles. Le Sang par lui-même n’exprimerait pas assez nettement qu’il doit être bu, s’il ne nous était présenté dans une coupe. Ensuite on ajoute : « de la nouvelle Alliance », pour nous faire comprendre que le Sang de Jésus-Christ ne nous est pas seulement donné en figure, comme dans l’ancienne Alliance dont Saint Paul a dit : qu’elle ne fut point confirmée sans effusion de Sang, mais en vérité et réellement. Ce qui ne convient qu’à l’Alliance nouvelle.
Voilà pourquoi Saint Paul a écrit : Jésus-Christ est le Médiateur du nouveau testament, afin que, par sa mort, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis : quant au mot éternel, il se rapporte précisément à cet héritage éternel qui nous est échu par le droit que nous confère la mort de Jésus-Christ notre testateur éternel.
Les mots qui suivent, à savoir : « Le Mystère de la Foi », n’excluent pas la réalité de la chose, ils indiquent seulement qu’il faut admettre un effet caché et infiniment éloigné de la portée de nos yeux. Le sens qu’on leur donne ici est tout différent de celui qu’ils ont, quand on les applique au Baptême.
Comme c’est par la Foi que nous voyons le Sang de Jésus-Christ caché sous l’apparence du vin, c’est pour ce motif que nous l’appelons le mystère de la Foi.
Si l’on se persuadait que le sacrement de l’Eucharistie ne contient que ce que les sens y aperçoivent, on tomberait fatalement dans cette impiété énorme de croire qu’il ne renferme que du pain et du vin, puisque les yeux, le toucher, l’odorat, le goût ne rapportent que des apparences de pain et de vin. Il faut donc faire en sorte qu’on renonce, autant que possible, au jugement des sens, pour s’élever uniquement à la contemplation de la Vertu et de la Puissance infinie de Dieu ; car la Foi catholique enseigne et croit, sans hésitation aucune, que les paroles de la Consécration produisent spécialement trois effets admirables.
Le premier, c’est que le vrai corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Celui-là même qui est né de la Vierge Marie, qui est assis à la droite du Père, est contenu dans l’Eucharistie.
Le second c’est que dans le Sacrement il ne reste rien de la substance des deux éléments, quoique cela semble tout-à-fait opposé et contraire au rapport des sens.
Le troisième, qui se, déduit aisément des deux autres, et qui est positivement exprimé par les paroles de la Consécration, c’est que par une disposition inexplicable et toute miraculeuse, les accidents qui apparaissent aux yeux, et que les autres sens perçoivent aussi, se soutiennent sans le secours d’aucun sujet. Ils présentent encore toutes les apparences du pain et du vin. Mais ils ne tiennent à aucune substance ; ils subsistent par eux-mêmes. Quant à la substance même du pain et du vin, elle est tellement changée au Corps et au Sang de Jésus-Christ, qu’il n’en reste absolument rien, et qu’il n’y a réellement plus ni substance du pain, ni substance du vin.
Il y a plus d’une manière de participer à ce Sacrement, afin que les Fidèles s’efforcent d’employer celle qui est la plus salutaire. Or, dans leur sagesse, nos pères ont très bien distingué, et le Concile de Trente après eux, qu’il y a trois manières de recevoir l’Eucharistie.
Les uns reçoivent seulement le Sacrement. Ce sont ces pécheurs qui ne craignent pas de prendre les saints Mystères avec une bouche et un cœur impurs, et dont l’Apôtre a dit : Qu’ils mangent et boivent indignement le Corps du Seigneur. C’est à eux aussi que s’appliquent ces paroles de Saint Augustin : Celui qui ne demeure pas en Jésus-Christ, et en qui Jésus-Christ ne demeure pas, ne change certainement point sa Chair spirituellement, quoique matériellement et visiblement il presse sous ses dents les Sacrements de son Corps et de son Sang.  Mais ceux qui reçoivent les saints Mystères dans cette disposition, non seulement n’en retirent aucun fruit, mais même, au témoignage de l’Apôtre, ils mangent et boivent leur propre condamnation. 
Il y en a d’autres qui ne participent à l’Eucharistie que spirituellement : ce sont ceux qui, animés de cette Foi vive qui opère par la Charité, se nourrissent de ce Pain céleste par des désirs et des vœux ardents. S’ils ne retirent pas de ce Sacrement tous les fruits qu’il contient, ils en reçoivent néanmoins de très considérables.
Enfin il en est qui participent à l’Eucharistie réellement et spirituellement tout à la fois. Fidèles aux avertissements de l’Apôtre, ils ont soin de s’éprouver eux-mêmes, et de se revêtir de la robe nuptiale, avant de s’approcher de la sainte table. Aussi ils ne manquent jamais d’en recueillir les avantages si abondants dont nous avons parlé. Voilà pourquoi ceux qui peuvent se mettre en état de recevoir le sacrement du corps de Notre-Seigneur, et qui se contentent de faire la Communion spirituelle, se privent eux-mêmes volontairement de biens immenses et célestes.
L’Eucharistie n’est pas seulement le trésor des richesses spirituelles dont le bon usage nous assure la grâce et l’amitié de Dieu. Elle possède en outre une vertu particulière qui nous donne le moyen de témoigner à Dieu notre reconnaissance pour les immenses bienfaits que nous avons reçus de Lui. Or, pour comprendre combien ce Sacrifice Lui est agréable et cher, lorsqu’on le Lui offre comme il convient, il suffit de se rappeler de ces sacrifices dont les Prophètes avaient dit : Vous n’avez voulu ni sacrifices ni offrandes. – Si vous aimiez les sacrifices, je Vous en offrirais ; mais les holocaustes ne Vous sont point agréables. Et cependant le Seigneur les agréait, puisque l’Ecriture atteste qu’Il les a reçus en odeur de suavité, c’est-à-dire qu’ils Lui ont été réellement agréables. Dès lors que ne devons-nous pas attendre d’un Sacrifice où l’on immole et où l’on offre Celui dont une voix céleste a dit deux fois : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui J’ai mis foutes mes complaisances ? Les Pasteurs devront donc expliquer soigneusement ce Mystère aux Fidèles, afin que, lorsqu’ils assisteront à la Messe, ils soient capables de méditer avec attention et avec piété sur ce très saint Sacrifice.
Aussi, Notre-Seigneur Jésus-Christ a institué l’Eucharistie pour deux raisons : la première, afin qu’elle servit à notre âme de nourriture spirituelle pour soutenir et conserver en elle la vie de la grâce ; la seconde, afin que l’Eglise possédât un Sacrifice perpétuel, capable d’expier nos péchés, et au moyen duquel notre Père céleste, trop souvent offensé d’une manière grave pour nos iniquités, pût être ramené de la colère à la miséricorde et des justes rigueurs du châtiment à la clémence. Double effet dont nous avons une figure et une image dans l’Agneau pascal que les enfants d’Israël avaient coutume d’offrir comme sacrifice, et de manger comme sacrement. Et à coup sûr, au moment de s’offrir Lui-même à son Père sur l’Autel de la Croix, notre divin Sauveur ne pouvait nous donner une marque plus éclatante de son immense Charité que de nous laisser ce Sacrifice visible, afin de renouveler sans cesse cette immolation sanglante qu’Il allait offrir une fois le lendemain sur la Croix, afin aussi d’en conserver la mémoire jusqu’à la fin des siècles et d’en répandre chaque jour les fruits infinis dans tout l’univers, par le moyen de son Eglise.
Mais il y a une grande différence entre le Sacrement et le Sacrifice. Le Sacrement a lieu par la Consécration, et le Sacrifice consiste surtout dans l’Offrande. Ainsi, pendant qu’elle est conservée dans le ciboire, ou bien quand on la porte aux malades, l’Eucharistie n’a que le caractère de Sacrement, et non celui de Sacrifice. De plus, en tant que Sacrement, elle est une cause de mérite pour ceux qui la reçoivent, et leur procure tous les avantages dont nous avons parlé plus haut. Mais, en tant que Sacrifice, elle possède outre la vertu de nous faire mériter, celle de satisfaire. De même en effet que Notre-Seigneur Jésus-Christ a mérité et satisfait pour nous dans sa Passion, ainsi ceux qui offrent ce Sacrifice, par lequel ils communiquent avec nous, méritent de participer aux fruits de la Passion de Notre-Seigneur, et ils satisfont pour leurs péchés.
Quant à l’institution de ce Sacrifice, il n’est pas permis d’avoir le moindre doute, après la déclaration du Concile de Trente ; en effet cette sainte assemblée dit formellement que Jésus-Christ l’institua dans la dernière Cène, et elle frappe d’anathème ceux qui prétendent qu’on n’offre point à Dieu de Sacrifice véritable dans l’Eglise, ou du moins que celui qu’on offre consiste uniquement à donner la Chair de Notre-Seigneur à manger.
Le Concile n’a point oublié non plus de rappeler soigneusement que le Sacrifice ne s’offre et ne peut s’offrir qu’à Dieu.

Du sacrement de Pénitence

La faiblesse et la fragilité de la nature humaine sont assez connues, et chacun en éprouve assez les effets en soi-même, pour que personne ne puisse ignorer combien le sacrement de Pénitence est nécessaire.
Pour entrer immédiatement en matière, il convient d’expliquer d’abord les différentes significations du mot de Pénitence, afin que l’ambiguïté de cette expression n’induise personne en erreur. Les uns prennent la Pénitence pour la Satisfaction. D’autres, d’un sentiment tout opposé à la doctrine de la Foi catholique, prétendent que la Pénitence n’est autre chose qu’une vie nouvelle, sans repentir du passé. Voilà pourquoi il faut montrer que ce mot a plusieurs sens différents.
Premièrement, on dit de quelqu’un qu’il se repent lorsqu’une chose qui lui était agréable auparavant, commence à lui déplaire ; que cette chose soit bonne ou mauvaise, peu importe. Tel est le repentir de ceux dont la tristesse est selon le monde, et non selon Dieu ; repentir qui opère la mort, et non le salut.
Un autre repentir, c’est la douleur que l’on éprouve non pas à cause de Dieu, mais à cause de soi-même, après avoir commis une mauvaise action, qui auparavant nous souriait.
Un troisième repentir enfin, est celui qui ne se borne pas au regret sincère et profond du mal que l’on a fait, ni même à des signes extérieurs qui expriment ce regret, mais qui vient principalement ou uniquement de ce que nous avons offensé Dieu.
Le nom de Pénitence convient également à ces trois sortes de repentir.
Cependant il faut observer une grande différence entre ces trois sortes de Pénitence. La première est un défaut ; la seconde n’est que l’affliction d’une âme agitée et troublée. Et la troisième est tout ensemble une Vertu et un sacrement. C’est dans ce dernier sens que nous allons entendre ici le mot de Pénitence.
Mais d’abord nous avons à parler de la Pénitence considérée comme vertu non seulement parce que les Ministres sont obligés de former les Fidèles à toutes les vertus en général, mais encore parce que les actes de cette vertu sont comme la matière sur laquelle s’exerce l’action du sacrement de Pénitence. Et de fait, si l’on ne connaît d’abord la vertu de Pénitence, il est impossible de jamais bien comprendre l’efficacité du Sacrement.
En premier lieu on doit donc exhorter les Fidèles à faire tous leurs efforts et à déployer toute leur ardeur pour obtenir ce repentir du cœur, que nous appelons la vertu de Pénitence. Sans lui, la Pénitence extérieure est peu profitable. Or cette Pénitence intérieure consiste à retourner à Dieu du fond du cœur, à détester sincèrement les péchés que nous avons commis, et à être fermement décidés et absolument résolus à réformer nos mauvaises habitudes et nos mœurs corrompues. Mais en même temps nous devons avoir l’espérance que Dieu nous pardonnera, et nous fera miséricorde. A cette Pénitence vient toujours se joindre, comme inséparable compagne de la détestation du péché, une douleur, une tristesse, qui est une véritable émotion, un trouble, et même une passion, comme plusieurs l’appellent. Voilà pourquoi quelques saints Pères définissent la Pénitence par ces sortes de tourments de l’âme. Cependant il est nécessaire que la Foi précède la Pénitence. Personne sans la Foi ne peut se convertir à Dieu. D’où il suit qu’on ne peut en aucune façon considérer la Foi comme une partie de la Pénitence. Mais que cette Pénitence intérieure soit une vertu, comme nous l’avons dit, c’est ce que démontrent clairement les nombreux Commandements que Dieu nous en fait. Car la Loi ne prescrit que les actes qui s’accomplissent par vertu. Or, personne ne peut nier qu’il ne soit bon et louable de se repentir quand, comment, et comme il le faut. Et c’est là précisément ce qui fait la vertu de Pénitence.
Ce qui prouve encore que la Pénitence est une vertu, c’est la fin que se propose celui qui se repent véritablement de son péché. Il veut d’abord effacer sa faute et laver toutes les taches et toutes les souillures de son âme. Ensuite il désire satisfaire à Dieu pour ses iniquités. Or c’est là évidemment un acte de justice.
Car s’il ne peut y avoir de justice stricte et rigoureuse entre Dieu et les hommes, puisqu’ils sont séparés par un intervalle infini, cependant il est certain qu’il existe entre eux une sorte de justice, que l’on peut comparer à celle que nous trouvons entre un père et ses enfants, entre un maître et ses serviteurs.
La troisième fin que se propose celui qui se repent, c’est de rentrer en grâce avec Dieu, dont il a encouru l’inimitié et la disgrâce par la laideur de son péché. Toutes choses qui montrent assez que la Pénitence est véritablement une vertu.
D’abord la miséricorde de Dieu nous prévient, et tourne nos cœurs vers Lui, pour nous convertir. Ensuite illuminés par cette lumière, nous tendons vers Dieu par la Foi. Car comme l’Apôtre nous l’assure : Celui qui veut aller à Dieu doit croire qu’il existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent.  Puis viennent les mouvements de crainte, c’est alors que le pécheur détache son cœur du péché. C’est à cet état d’âme que semblent se rapporter ces paroles d’Isaïe : Nous sommes devenus comme celle qui approche du temps où elle doit enfanter, et qui crie au milieu des douleurs qu’elle ressent. 
A ces sentiments se joint l’espérance d’obtenir miséricorde du Seigneur, espérance qui nous relève de notre abattement, et nous fait prendre la résolution d’amender notre vie et nos mœurs.
Enfin la Charité enflamme nos cœurs et fait naître en nous cette crainte filiale qui convient à des enfants généreux et bien nés. Dès lors ne craignant plus qu’une seule chose, qui est de blesser en quoi que ce soit la majesté de Dieu, nous abandonnons entièrement l’habitude du péché.
Quant à la Pénitence extérieure, c’est elle qui constitue, à proprement parler, le Sacrement, et elle consiste dans certaines actions extérieures et sensibles qui expriment ce qui se passe dans l’intérieur de l’âme. .
Quoique Dieu en effet nous ait promis la rémission de nos péchés dans ces paroles du Prophète : Si l’impie fait pénitence, etc., nous n’en serions pas moins dans de continuelles inquiétudes sur la vérité de notre repentir, car personne ne peut se fier au jugement qu’il porte sur ses propres actions. C’est donc pour détruire toute inquiétude à cet égard, que notre Seigneur a fait de la Pénitence un Sacrement capable de nous donner la confiance que nos péchés nous sont pardonnés par l’absolution du Prêtre, et par suite de mettre plus de calme dans notre conscience par cette Foi légitime que nous devons avoir dans la vertu des Sacrements. Lorsqu’en effet le Prêtre nous absout de nos fautes suivant la forme du Sacrement, ses paroles n’ont point d’autre sens que celles de Notre-Seigneur au paralytique : Mon fils, ayez confiance, vos péchés vous sont remis !
En second lieu, personne ne peut obtenir le salut que par Jésus-Christ, et par les mérites de sa Passion. Il était donc très convenable en soi, et très utile pour nous qu’il y eût un Sacrement qui ferait couler sur nos âmes le Sang de Jésus-Christ ; un Sacrement qui par sa vertu et son efficacité serait capable d’effacer tous les péchés commis après le Baptême, et nous obligerait à reconnaître que c’est à notre divin Sauveur, et à Lui seul, que nous devons le bienfait de notre réconciliation.
Or, que la Pénitence soit un véritable Sacrement, c’est ce que les Pasteurs n’auront pas de peine à démontrer. Le Baptême est un Sacrement parce qu’il efface tous les péchés, et spécialement celui que nous contractons à notre origine. Par la même raison, la Pénitence qui efface tous les péchés de désirs et d’actions volontairement commis après le Baptême, doit être un véritable Sacrement, au sens propre du mot. D’ailleurs, (et c’est ici la raison principale), dès lors que ce que le Prêtre et le pénitent font au dehors et d’une manière sensible, exprime nettement les effets qui s’opèrent dans l’âme, qui oserait soutenir que la Pénitence ne renferme pas toutes les propriétés d’un véritable Sacrement ? Un Sacrement est le signe d’une chose sacrée.
Or, d’une part, le pécheur qui se repent exprime très bien par ses paroles et par ses actions qu’il a détaché son cœur du péché, et d’autre part les paroles et les actions du Prêtre expriment aussi sensiblement que Dieu, par sa miséricorde, remet Lui-même les péchés. Au reste une preuve évidente de cette vérité se trouve dans ces paroles du Sauveur : Je vous donnerai les clefs du Royaume des cieux ; et dans celles-ci : Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. Car l’absolution prononcée par le Prêtre exprime la rémission des péchés qu’elle produit dans l’âme.
Mais il ne suffit pas d’apprendre aux Fidèles que la Pénitence est un Sacrement, ils doivent savoir encore qu’elle est du nombre de ceux qui peuvent se réitérer. L’Apôtre Saint Pierre ayant demandé à Notre-Seigneur si l’on pouvait accorder jusqu’à sept fois le pardon d’un péché, reçut cette réponse : Je ne vous dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Si donc on doit traiter avec des personnes qui paraissent se défier de la bonté et de la clémence infinie de Dieu, il faut raffermir leur courage, et relever leurs espérances vis-à-vis de la Grâce divine.
Rien ne doit être plus connu des Fidèles que la matière du Sacrement de Pénitence. Il faut donc leur faire remarquer que la grande différence entre ce Sacrement et les autres, c’est que la matière de ces derniers est toujours une chose naturelle ou artificielle, tandis que les actes du pénitent, la Contrition, la Confession, et la Satisfaction sont, dit le Concile de Trente, comme la matière de ce Sacrement. Et ces actes sont nécessaires, de la part du pénitent, pour l’intégrité du Sacrement, et pour l’entière rémission des péchés. Ceci est d’institution divine. Aussi bien les actes dont nous parlons sont regardés comme les parties mêmes de la Pénitence. Et si le saint Concile dit simplement qu’ils sont comme la matière du Sacrement, ce n’est pas à dire qu’ils ne sont pas la vraie matière ; mais c’est qu’ils ne sont pas du genre des autres matières sacramentelles, lesquelles se prennent au dehors, comme l’eau dans le Baptême et le chrême dans la Confirmation. Que si quelques-uns ont regardé les péchés eux-mêmes comme la matière du sacrement de Pénitence, leur sentiment ne paraît pas contraire au nôtre, si l’on veut y regarder de près. De même que nous disons du bois, qu’il est la matière du feu, parce que le feu le consume ; ainsi nous pouvons très bien dire des péchés, qu’ils sont la matière de la Pénitence, puisque ce Sacrement les efface et les consume en quelque sorte.
Les Ministres ne doivent pas négliger non plus d’instruire les Fidèles de la forme de ce Sacrement. Cela ne peut qu’exciter davantage leur ferveur quand ils voudront le recevoir, et leur inspirer plus de respect et de vénération pour s’en approcher. Or voici cette forme : Je vous absous. On pourrait déjà la tirer de ces paroles du Sauveur : Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. Mais les Apôtres nous l’ont transmise comme l’ayant reçue de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même. D’ailleurs puisque les Sacrements signifient ce qu’ils produisent, ces paroles : « Je vous absous », montrent très bien que la rémission des péchés s’opère par l’administration de ce Sacrement ; par conséquent il est clair qu’elles en sont la forme complète. Les péchés, en effet, sont comme des liens qui tiennent nos âmes enchaînées, et que le sacrement de Pénitence vient briser. Et le Prêtre ne dit pas moins la vérité, lorsqu’il prononce ces paroles sur un pénitent qui par la vivacité d’une Contrition parfaite, accompagnée du vœu de la Confession, a déjà obtenu de Dieu le pardon de ses péchés.
A ces paroles, on ajoute plusieurs prières qui ne sont pas nécessaires pour la forme du Sacrement, mais qui ont pour but d’écarter tout ce qui pourrait empêcher sa vertu et son efficacité par la faute de celui auquel il est administré.
Quelles actions de grâces ne doivent donc point rendre à Dieu les pécheurs, de ce qu’Il a donné un si grand pouvoir aux Prêtres de son Eglise ? Il ne s’agit plus maintenant comme autrefois, sous la Loi ancienne, du témoignage du Prêtre qui se bornait à déclarer que le lépreux était guéri. non, le pouvoir des Prêtres dans l’Eglise est si étendu qu’ils ne se contentent pas de déclarer que le pécheur est absous de ses péchés, mais qu’ils donnent réellement, comme Ministres du Seigneur, l’Absolution qui est ratifiée en même temps par Dieu Lui-même, Auteur et Principe de la grâce et de la justification.
 La pénitence est comme un arbre, dont les racines sont amères, mais dont les fruits sont pleins de douceur.
Et d’abord la Pénitence possède la vertu de nous rétablir dans la grâce de Dieu, et de nous unir à Lui par une étroite amitié.
Ensuite cette réconciliation produit ordinairement chez les personnes pieuses, qui reçoivent ce Sacrement avec Foi et piété, une paix profonde, une tranquillité parfaite de conscience, et des joies ineffables de l’Esprit-Saint.
Il n’y a point d’ailleurs de crime si grand et si horrible, qui ne puisse être effacé par le sacrement de Pénitence, non seulement une fois, mais deux fois, mais toujours. Dieu Lui-même nous en donne l’assurance par ces paroles du prophète : Si l’impie fait pénitence de tous les péchés qu’il a commis, s’il garde mes commandements, s’il pratique le jugement et la justice, il vivra de la vie et il ne mourra point ; et Je ne me souviendrai point de toutes les iniquités qu’il a commises. C’est là ce qui a fait dire à Saint Jean : Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner. Et plus loin : Si quelqu’un a péché, dit-il, sans excepter aucune sorte de péché, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ qui est juste, qui est Lui-même propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier. 
Si nous lisons dans l’Ecriture que certains personnages n’ont point obtenu de Dieu miséricorde, bien qu’ils l’eussent demandée avec ardeur, nous savons que cela tenait à ce qu’ils n’avaient pas un repentir et une douleur sincères de leurs fautes. Ainsi lorsque nous trouvons dans nos Saints Livres, ou dans les saints Pères, quelques passages qui semblent affirmer que certains péchés sont irrémissibles, il faut entendre par là que le pardon de ces péchés est extrêmement difficile à obtenir. De même qu’il est des maladies que l’on dit incurables parce qu’elles inspirent au malade l’horreur des médicaments qui pourraient le guérir ; de même il y a des péchés dont on n’obtient pas le pardon parce qu’ils font repousser la grâce de Dieu, cet unique remède du salut. C’est dans ce sens que Saint Augustin disait : Lorsqu’un homme arrivé à la connaissance de Dieu par la grâce de Jésus-Christ, blesse ensuite la Charité fraternelle, et que s’élevant contre la grâce même, il s’abandonne aux fureurs de l’envie, le mal de son péché est tel qu’il ne peut même s’abaisser à en demander pardon, quoique d’ailleurs les remords de sa conscience le forcent à reconnaître et à avouer sa faute.
Mais pour revenir aux effets du sacrement de Pénitence, la vertu d’effacer les péchés lui est tellement propre, qu’il est impossible de l’obtenir, ni même de l’espérer par un autre moyen. Si vous ne faites pénitence, dit notre Seigneur, vous périrez tous. Il est vrai que ces paroles ne s’appliquent qu’aux péchés graves et mortels. Cependant les péchés légers, que l’on nomme véniels, exigent aussi leur genre de pénitence. Car, dit Saint Augustin, cette espèce de pénitence qui se fait tous les jours dans l’Eglise pour les péchés véniels serait tout-à-fait vaine, si ces péchés pouvaient se remettre sans pénitence. 
Venons-en à la Contrition. Voici comment la définissent les Pères du Concile de Trente : La Contrition est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec un ferme propos de ne plus pécher à l’avenir. Puis parlant un peu plus loin du mouvement de la Contrition, ils ajoutent : Ce mouvement prépare à la rémission des péchés, pourvu qu’il soit accompagné de la confiance en la miséricorde de Dieu et de la volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour bien recevoir le sacrement de Pénitence.
Cette définition fera très bien comprendre que l’essence de la Contrition ne consiste pas seulement à cesser de pécher, à prendre la résolution de mener une vie nouvelle, ou même commencer déjà ce nouveau genre de vie, mais encore et surtout à détester et à expier le mal de la vie passée. C’est ce que prouvent parfaitement ces gémissements des Saints que nous retrouvons si souvent dans nos saintes Lettres. Je m’épuise à gémir, dit David, je baigne toutes les nuits mon lit de mes larmes. Et encore : Le Seigneur a écouté la voix de mes pleurs. 
Isaïe s’écrie à son tour : Je repasserai en votre présence, Seigneur, toutes mes années dans l’amertume de mon âme. Paroles qui, comme tant d’autres semblables, sont l’expression évidente d’un repentir profond des fautes commises et de la détestation de la vie antérieure.
Mais quand on dit que la Contrition est une douleur, il faut avertir de ne point s’imaginer qu’il est ici question d’une douleur extérieure et sensible. La Contrition est un acte de la volonté. Et Saint Augustin nous avertit que la douleur accompagne le repentir, mais qu’elle n’est pas le repentir. Les Pères du Concile se sont servis du mot douleur pour exprimer la haine et la détestation du péché, soit parce que la sainte Ecriture s’en sert elle-même : Jusques à quand, s’écrie David, mon âme sera-t-elle agitée de pensées diverses, et mort cœur en proie à la douleur durant le jour entier ? Soit aussi parce que la Contrition engendre la douleur dans cette partie inférieure de l’âme qui est le siège de la concupiscence.
Puisque la vraie Contrition est un acte de Charité qui procède de la crainte filiale, il est évident que la Contrition ne doit point avoir d’autre mesure que la Charité elle-même. Et comme la Charité par laquelle nous aimons Dieu est l’amour le plus grand, il s’ensuit que la Contrition doit emporter avec elle la douleur de l’âme la plus vive. Dès lors que nous devons aimer Dieu plus que toutes choses, plus que toutes choses aussi nous devons détester ce qui nous éloigne de Lui. Et ce qui confirme notre raisonnement, c’est que les saintes Ecritures emploient les mêmes termes pour exprimer l’étendue de la Charité et celle de la Contrition. Ainsi, en parlant de la première elles disent : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur ; et, quand il s’agit de la Contrition le Seigneur nous crie par la bouche du Prophète : Convertissez-vous de tout votre cœur. 
En second lieu, de même que Dieu est le premier de tous les biens que nous devons aimer, de même aussi le péché est le premier et le plus grand de tous les maux que les hommes doivent haïr. Et par conséquent la même raison qui nous oblige à reconnaître que Dieu doit être souverainement aimé, nous oblige également à concevoir pour le péché une haine souveraine. L’amour de Dieu doit être préféré à tout. Même pour conserver sa vie il n’est pas permis de pécher. Il y a là pour nous un devoir formel. Ecoutons plutôt ces paroles de Notre-Seigneur : Celui qui aime son père ou sa mère plus que Moi n’est pas digne de Moi. Et encore : Celui qui voudra sauver sa vie la perdra. 
L’institution de la Confession était nécessaire. Sans doute la Contrition efface les péchés, mais ne voit-on pas qu’elle doit être dans ce cas, si forte, si vive, si ardente, que la violence de la douleur puisse égaler et atteindre l’énormité des fautes commises ? Et comme il y en a peu qui soient capables de parvenir à un si haut degré de repentir, il y en a peu aussi qui doivent espérer par ce moyen le pardon de leurs péchés. Il était donc nécessaire que Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans son infinie clémence, pourvût au salut de tous par une voie plus facile. Et c’est ce qu’il a réalisé d’une manière admirable, en donnant à son Eglise les clefs du Royaume des cieux. En effet, l’enseignement de la Foi catholique est formel. Nous devons tous croire et affirmer sans réserve, que si quelqu’un est sincèrement repentant de ses péchés, s’il est bien résolu à ne plus les commettre à l’avenir, – lors même qu’il ne ressentirait pas une Contrition suffisante pour obtenir son pardon – tous ses péchés lui sont remis et pardonnés par le pouvoir des clefs, s’il les confesse à un Prêtre approuvé. Aussi tous les saints Pères ont eu soin de proclamer, et avec raison, que le ciel nous est ouvert par les clefs de l’Eglise, et le Concile de Florence a mis cette vérité hors de doute en décrétant que l’effet du sacrement de Pénitence est de purifier du péché. 
Si nous confessons nos péchés, c’est pour en obtenir le pardon. Car le tribunal de la Pénitence est bien différent des tribunaux humains. Là, en effet, la peine et la confusion des aveux sont loin de compter pour l’acquittement de la faute, et pour le pardon des égarements. Les Saints Pères semblent avoir donné de la Confession une définition semblable à la nôtre, quoique en termes différents, quand ils disent comme Saint Augustin : La Confession, c’est la révélation d’une maladie cachée, avec l’espoir d’en obtenir la guérison ; ou bien, comme Saint Grégoire : C’est la détestation des péchés. Ces deux définitions peuvent facilement se rapporter à la nôtre, puisque la nôtre les contient.

Du sacrement de l’Extrême-Onction

Nous disons que ce sacrement est appelé extrême-Onction, parce que de toutes les Onctions saintes qui ont été prescrites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à son Eglise, c’est celle qui s’administre la dernière. C’est pourquoi nos pères dans la Foi donnaient encore à ce Sacrement le nom d’Onction des Malades et de Sacrement des Mourants.
L’Extrême-Onction est un véritable Sacrement. Et il ne peut y avoir aucun doute sur ce point, si l’on veut faire attention aux paroles dont l’Apôtre Saint Jacques s’est servi pour promulguer la loi de ce Sacrement : Si quelqu’un est malade parmi vous, dit-il, qu’il fasse venir les Prêtres de l’Eglise, et qu’ils prient sur lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la Foi sauvera le malade : et le Seigneur le soulagera ; et s’il a des péchés, ces péchés lui seront remis. Puisque, suivant l’Apôtre, les péchés sont remis par cette Onction, elle a donc la nature et la vertu d’un Sacrement. Telle a toujours été d’ailleurs la Doctrine de l’Eglise catholique sur l’Extrême-Onction ; un grand nombre de Conciles en font foi. Mais celui de Trente l’a déclaré si formellement qu’il prononce l’anathème contre ceux qui auraient la témérité d’enseigner ou de penser le contraire. Le Pape Innocent Ier recommande également ce Sacrement aux Fidèles, avec beaucoup de force.
L’élément, ou la matière de ce Sacrement, comme l’ont déclaré plusieurs Conciles, et spécialement le Concile de Trente, c’est l’huile consacrée par l’Evêque, non toute sorte d’huile en général, extraite d’une substance adipeuse, mais seulement l’huile d’olive. Cette matière exprime parfaitement les effets que la vertu de l’Extrême-Onction opère dans l’âme. De même que l’huile est très propre à adoucir les douleurs du corps, ainsi la vertu de ce Sacrement diminue la tristesse et les douleurs de l’âme. De plus l’huile rend la santé, donne la joie, et sert d’aliment à la lumière, mais surtout elle est très efficace pour renouveler les forces du corps abattu par la fatigue. Or tous ces effets représentent sensiblement ce que la puissance divine opère chez les malades par l’Extrême-Onction.
Quant à la forme qui lui est propre, elle consiste dans ces paroles et ces prières consacrées que le Prêtre prononce en faisant chacune des Onctions, et en disant : « Par cette sainte Onction que le Seigneur vous pardonne tout ce que vous avez fait de mal, par la vue, par l’odorat ou par le toucher. » Et ce qui nous indique que c’est bien là la forme propre et véritable du Sacrement dont nous parlons, ce sont ces paroles de Saint Jacques : Et qu’ils prient sur lui, et la prière de la Foi sauvera le malade. 
Cependant, comme il n’arrive pas toujours que les malades guérissent, on lui a donné pour forme une Prière, afin que par ce moyen nous obtenions de la bonté de Dieu un effet que la vertu du Sacrement ne produit pas nécessairement, ni toujours.
Il y a aussi des Cérémonies particulières qui accompagnent l’administration de ce Sacrement. Ce sont, pour la plupart, des formules de prières que le Prêtre récite pour obtenir le salut du malade. Il n’y a point de Sacrement qui s’administre avec plus de prières. Et certes ce n’est pas sans motifs. Il n’est pas de moment en effet où les Fidèles aient un besoin plus grand de ce pieux secours.
C’est pourquoi tous ceux qui se trouvent présents, et surtout les Ministres, doivent alors prier Dieu de tout leur cœur, et recommander à sa miséricorde la vie et le salut du malade avec toute la ferveur possible.
Il convient de savoir qu’à ce Sacrement se trouve attachée une grâce qui remet les péchés, et même directement les péchés légers ou véniels, comme on les appelle communément ; car, pour les fautes mortelles, elles sont effacées par le sacrement de Pénitence. L’Extrême-Onction n’a pas été instituée directement pour remettre ces sortes de fautes ; le Baptême et la Pénitence seuls ont la vertu de produire cet effet.
Un second avantage de l’Extrême-Onction, c’est de guérir l’âme de cette langueur et de cette infirmité qu’elle a contractées par ses péchés, et de la délivrer de tous les autres restes de ses fautes. Or le temps le plus propre pour opérer cette guérison, c’est celui d’une maladie grave où la vie est en danger. Rien n’est plus naturel à l’homme que de craindre la mort, surtout lorsqu’il se rappelle ses péchés passés, et que sa conscience les lui reproche plus vivement.

Du sacrement de l’Ordre

La puissance ecclésiastique est double ; elle se partage 1° en pouvoir d’Ordre, 2° en pouvoir de Juridiction.
Le pouvoir d’Ordre (2) a pour objet le Corps adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte eucharistie.
Le pouvoir de Juridiction s’exerce tout entier sur son Corps mystique. C’est à lui qu’il appartient de gouverner le peuple chrétien, de le conduire et de le diriger dans la voie de la céleste et éternelle félicité.
Le pouvoir d’Ordre n’a pas seulement la vertu et la propriété de consacrer l’Eucharistie ; il prépare encore les cœurs à recevoir ce Sacrement, il les en rend dignes, et, en général, il s’étend à tout ce qui peut avoir quelque rapport avec l’Eucharistie.
Nos Saints Livres parlent de ce pouvoir en beaucoup d’endroits. Mais nulle part il n’est exprimé plus clairement, ni d’une manière plus expresse, que dans Saint Matthieu et dans Saint Jean. Comme mon Père m’a envoyé, dit Notre-Seigneur, ainsi je vous envoie : recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis d ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux d qui vous les retiendrez. Ailleurs, il disait : En vérité Je vous le dis ; tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Ces deux textes pourront jeter une lumière très grande sur la Vérité que nous exposons, si les Pasteurs ont soin de les expliquer d’après la doctrine et l’autorité des saints Pères. Combien une telle puissance ne l’emporte-t-elle pas sur celle qui fut accordée sous la loi de nature aux hommes chargés du soin des choses sacrées ! Car l’âge qui précéda la Loi écrite, eut, lui aussi, son sacerdoce et son pouvoir spirituel, puisqu’il est certain qu’il avait sa loi : loi et sacerdoce tellement inséparable, au témoignage de l’Apôtre, que le changement de l’une entraîne nécessairement le changement de l’autre. Guidés par un instinct, ou plutôt par une inspiration naturelle, les hommes de ce temps-là sentaient qu’ils devaient honorer Dieu, et, par une conséquence nécessaire, ils durent, dans chaque pays, confier à quelques personnes choisies le soin des choses saintes et du service divin : ce qui constitue par le fait une sorte de pouvoir spirituel.
C’est pour exercer ce pouvoir que des Ministres particuliers ont été institués et consacrés avec des Cérémonies solennelles. Cette Consécration a reçu le nom de sacrement de l’Ordre ou de sainte Ordination. Et si les saints Pères ont cru devoir employer cette expression dont la signification est très étendue, c’est que précisément ils voulaient faire mieux apprécier la dignité et l’excellence des Ministres de Dieu.
L’Ordre en effet, à prendre ce mot dans sa force et dans son acception propre, est un arrangement de choses supérieures et de choses inférieures, disposées entre elles de telle sorte que l’une se rattache à l’autre. Par conséquent, puisque dans ce ministère il y a plusieurs degrés et plusieurs fonctions différentes, et que tout est distribué et arrangé selon un ordre déterminé, le nom d’Ordre lui a été très bien et très justement appliqué.
Que l’Ordre, ou l’Ordination sacrée, soit un véritable Sacrement de l’Eglise, le saint Concile de Trente le prouve par ce raisonnement : le Sacrement est le signe d’une chose sacrée ; or ce qui se fait extérieurement dans cette Consécration signifie la grâce et la puissance qui sont accordées à celui que l’on ordonne. Il est donc bien évident d’après cela que l’Ordre est un vrai Sacrement dans toute la rigueur du terme. Aussi quand l’Evêque ordonne un Prêtre, il lui présente le Calice avec le vin et l’eau, et la Patène avec le pain en disant : « Recevez le pouvoir d’offrir le Sacrifice, etc... » Car l’Eglise a toujours enseigné que ces paroles, jointes à la matière, confèrent réellement le pouvoir de consacrer l’Eucharistie, et qu’elles impriment dans l’âme un caractère qui porte avec lui la grâce nécessaire pour s’acquitter dignement et légitimement de cette Fonction. Ainsi le déclare l’Apôtre lui-même : Je vous avertis, dit-il à Timothée, de ressusciter la grâce de Dieu qui est en vous par l’imposition de mes mains ; car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. 
Ainsi, pour nous servir des expressions du saint Concile, l’exercice d’un Sacerdoce si sublime étant une chose toute divine, il était de toute convenance, pour y attacher plus de dignité et lui attirer plus de vénération, qu’il y eût dans l’Eglise plusieurs sortes de Ministres de rangs différents, et destinés à assister les Prêtres, chacun selon ses fonctions propres. Voilà pourquoi ces fonctions sont distribuées de telle sorte que ceux qui ont reçu la tonsure cléricale, sont élevés ensuite aux Ordres supérieurs, en passant par les Ordres inférieurs.
Ces Ordres sont au nombre de sept, désignés sous les noms de Portier, de Lecteur, d’Exorciste, d’Acolyte, de Sous-Diacre, de Diacre et de Prêtre. Et c’est avec une grande sagesse que ces Ordres ont été établis en pareil nombre. Il est facile de le prouver par les différents Ministères qui sont nécessaires pour célébrer le Saint Sacrifice de la Messe, et pour administrer la Sainte eucharistie. Car c’est pour ces deux fins qu’ils ont été spécialement institués. Ces Ordres se divisent en majeurs, et en mineurs. Les Ordres majeurs, qu’on appelle aussi Ordres sacrés, sont la Prêtrise, le Diaconat et le Sous-diaconat. Les Ordres mineurs sont ceux d’Acolyte, d’Exorciste, de Lecteur et de Portier. Nous allons dire un mot de chacun d’eux, afin que les Pasteurs puissent les expliquer, surtout à ceux qui, selon eux, seraient appelés à les recevoir.
La Tonsure est comme une préparation à la réception des Ordres. Ceux à qui on coupe les cheveux, en les consacrant à Dieu, sont introduits par-là dans la voie du sacrement de l’Ordre, car cette Cérémonie est la figure des dispositions que doit avoir celui qui désire se vouer aux Ministères sacrés.
Le nom de Clerc qu’on reçoit alors pour la première fois vient de ce que le tonsuré commence à prendre le Seigneur pour sa portion et pour son héritage.
Quelques-uns veulent que la tonsure soit la marque de la dignité royale qui semble l’apanage réservé à ceux que Dieu appelle à Le prendre pour leur héritage. Car ce que l’Apôtre Saint Pierre attribue au peuple chrétien tout entier, quand il dit : Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, convient bien mieux encore, et d’une manière toute particulière – on le comprend aisément – aux Ministres de la Sainte Eglise. Il en est d’autres qui prétendent que la tonsure ou couronne des Clercs est le signe de la vie plus parfaite dont ils font profession (la figure circulaire étant la plus parfaite de toutes les figures). Enfin quelques autres pensent que la tonsure marque le mépris des choses de ce monde et l’abandon de tous les soins terrestres, parce qu’elle retranche une partie des cheveux qui sont en effet quelque chose de superflu dans le corps humain.
Après la Tonsure, le premier degré pour entrer dans les Ordres, c’est l’Ordre des Portiers. Le Portier a pour Fonction de garder les clefs et la porte de l’Eglise, et d’empêcher d’entrer ceux qui n’en sont pas dignes. Autrefois il assistait au Saint Sacrifice de la Messe pour veiller à ce que personne n’approchât trop près de l’Autel, et ne vînt troubler le Prêtre occupé à célébrer les saints Mystères.
Le second degré de l’Ordre est celui de Lecteur. La fonction de Lecteur est de lire dans l’Eglise, d’une voix claire et distincte, les Livres de l’Ancien et du nouveau testament, et surtout ceux qui se récitent pendant la Psalmodie de la nuit. Autrefois il était encore chargé d’enseigner aux Fidèles les premiers éléments de la Religion chrétienne.
Le troisième Ordre est celui des Exorcistes. Ils ont le pouvoir d’invoquer le nom du Seigneur sur ceux qui sont possédés par des esprits immondes.
Enfin le quatrième et dernier des Ordres mineurs est celui des Acolytes. Ils accompagnent les Ministres supérieurs, Diacres et Sous-Diacres, dans le service de l’Autel, et ils ont pour charge de les aider. En outre ils portent et gardent des cierges allumés, pendant la Messe, et surtout pendant la lecture de l’Evangile.
Des Ordres mineurs et non-sacrés dont nous venons de parler, on peut s’élever légitimement et parvenir aux Ordres majeurs et sacrés. Au premier degré de ces Ordres, on rencontre le Sous-Diacre dont les Fonctions, comme le nom l’indique, sont de servir le Diacre à l’Autel. C’est lui qui doit préparer les linges sacrés, les vases, le pain et le vin nécessaires à la célébration du Sacrifice. Aujourd’hui c’est lui qui présente l’eau à l’Evêque et au Prêtre, lorsqu’ils se lavent les mains à la Messe. C’est à lui également de réciter l’Epître, qui était lue autrefois par le Diacre. Il assiste aux saints Mystères comme témoin, et il est chargé de veiller à ce que personne ne vienne troubler le Célébrant.
Ces différentes Fonctions qui appartiennent au Sous-Diacre sont toutes indiquées dans les Cérémonies sacramentelles de son Ordination. Personne ne doit être admis à cet Ordre, sans avoir la volonté sincère de se soumettre à l’obligation de son Ministère.
Le second des Ordres sacrés, c’est le Diaconat, dont les fonctions sont beaucoup plus étendues et ont toujours été regardées comme beaucoup plus saintes. Le Diacre doit toujours être à côté de l’Evêque ; garder sa personne pendant qu’il prêche ; le servir, lui et le Prêtre, dans la célébration du sacrifice comme dans l’administration des Sacrements, et de plus lire l’Evangile à la Messe. Autrefois il avertissait de temps en temps les Fidèles de se rendre attentifs aux saints Mystères. Il distribuait aussi le Sang du Seigneur dans les Eglises où les Chrétiens avaient l’habitude de recevoir l’Eucharistie sous les deux espèces. En même temps la dispensation des biens ecclésiastiques lui était confiée et il devait fournir à chacun ce qui lui était nécessaire pour son entretien. C’est encore au Diacre, comme l’œil de l’Evêque en quelque sorte, de voir quels sont ceux qui dans les temps marqués vont aux Sacrifices et aux Sermons, et ceux qui y manquent ; ensuite il doit en rendre compte à l’Evêque, afin qu’il puisse exhorter, avertir, reprendre, blâmer, soit en particulier, soit en public, suivant qu’il le jugera plus utile et plus convenable. Le Diacre lit aussi les noms des Catéchumènes et il présente à l’Evêque ceux qui doivent être admis au sacrement de l’Ordre. Enfin, à défaut de l’Evêque et du Prêtre, il peut encore expliquer l’Evangile, mais non pas du haut de la chaire, afin qu’il soit bien compris que cette Fonction n’appartient pas proprement à son ministère.
Le troisième et le plus élevé des Ordres sacrés, c’est le Sacerdoce. Ceux qui en sont revêtus sont désignés communément sous deux noms distincts par les Pères des premiers siècles. Tantôt ils sont appelés Prêtres, d’un mot grec qui signifie anciens : et cela non seulement à cause de la maturité de l’âge si nécessaire pour cet Ordre, mais beaucoup plus encore à cause de leur savoir, de leur prudence et de la gravité de leurs mœurs. Car il est écrit : La vieillesse vénérable n’est point celle qui se compte par le nombre des années et la longueur du temps ; c’est la prudence qui est la vieillesse de l’homme, et la vie sans tache est une longue vie. 
Tantôt, on les nomme Sacerdotes, mot latin qui veut dire ou qu’ils sont consacrés à Dieu, ou bien qu’ils administrent les Sacrements, et qu’ils sont chargés de toutes les choses sacrées et divines.
Mais comme les saintes Lettres distinguent deux Sacerdoces, l’un intérieur et l’autre extérieur, il est nécessaire de les caractériser tous deux, afin que les Pasteurs puissent expliquer de quel Sacerdoce il est ici question.
Ainsi lorsqu’on dit des Fidèles purifiés par l’eau du Baptême qu’ils sont prêtres, c’est d’un Sacerdoce intérieur que l’on veut parler. Dans le même ordre d’idées, tous les justes sont prêtres, qui ont l’esprit de Dieu en eux, et qui sont devenus par un bienfait de la Grâce, membres vivants du souverain Prêtre qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ.
En effet, ils immolent à Dieu, sur l’autel de leur cœur, des hosties spirituelles, toutes les fois que, éclairés par la Foi et enflammés par la Charité, ils font des œuvres bonnes et honnêtes qu’ils rapportent à la gloire de Dieu.
Quant au Sacerdoce extérieur, il n’appartient point à tous les Fidèles, mais seulement à certains hommes qui ont reçu l’imposition des mains d’une manière légitime ; qui ont été ordonnés et consacrés à Dieu avec les Cérémonies solennelles de la Sainte Eglise, et qui, par le fait, se trouvent dévoués à un ministère sacré, et d’une nature toute particulière.
Cette distinction des deux Sacerdoces peut déjà se remarquer dans l’ancienne Loi. David, comme nous venons de le montrer, a parlé du Sacerdoce intérieur. D’autre part personne n’ignore combien le Seigneur fit d’ordonnances relatives au Sacerdoce extérieur, par le ministère de Moïse et d’Aaron. Il y a plus, Il attacha au service du temple la tribu de Lévi tout entière, et Il défendit par une Loi d’admettre à ces Fonctions sacrées aucun homme d’une autre tribu. Et comme nous découvrons dans la Loi Evangélique cette même distinction d’un double Sacerdoce, il importe d’avertir qu’il s’agit ici du Sacerdoce extérieur, conféré seulement à certains hommes. Lui seul, en effet, appartient au sacrement de l’Ordre.
Les fonctions du Prêtre sont d’offrir à Dieu le Saint Sacrifice de la Messe et d’administrer les Sacrements de l’Eglise. C’est ce qu’il est facile de voir par les Cérémonies mêmes de son Ordination.
Cet Ordre est un en lui-même. Toutefois cette unité n’exclut pas différents degrés de dignité et de puissance.
Le premier de ces degrés est celui de la Prêtrise proprement dite. Nous venons d’en parler.
Le second est celui de l’Episcopat. Les Evêques sont placés à la tête des Diocèses, pour gouverner non seulement les autres Ministres de l’Eglise, mais encore le peuple fidèle et pour s’occuper de leur salut avec une vigilance et un soin extrêmes. C’est ce qui les a fait appeler souvent dans l’Ecriture les Pasteurs des brebis ; et Saint Paul a tracé leurs devoirs et leurs fonctions dans ce discours qu’il adressa aux Ephésiens, et que nous lisons dans les Actes des Apôtres.
Saint Pierre a donné aussi lui-même une règle toute divine pour l’exercice du Ministère épiscopal, et si les Evêques s’étudient à y conformer leur conduite, il est impossible qu’ils ne soient pas de bons Pasteurs, et qu’ils ne passent pour tels.
Le troisième degré est celui des Archevêques. Ils sont à la tête d’un certain nombre d’Evêques. Leur dignité est plus élevée et leur puissance plus étendue que celle des Evêques, quoique leur Ordination soit absolument la même (3).
La première qualité requise dans celui qui aspire au Sacerdoce, c’est la pureté de vie et de mœurs. Mais de plus le Prêtre est obligé de donner aux autres l’exemple d’une vie vertueuse et innocente. Les Ministres auront donc soin de faire connaître les règles que Saint Paul prescrivait à cet égard à Tite et à Timothée. Ils enseigneront en même temps que les défauts corporels qui excluaient du service des Autels d’après les prescriptions du Seigneur dans la Loi ancienne doivent s’entendre des vices de l’âme dans la Loi Evangélique.
C’est pourquoi cette sainte coutume s’est établie dans l’Eglise de n’admettre aux Ordres sacrés que ceux qui auparavant purifient soigneusement leur conscience dans le sacrement de Pénitence.
En second lieu le Prêtre est obligé non seulement de connaître ce qui regarde l’usage et l’administration des Sacrements, mais encore d’être assez versé dans la science des saintes Ecritures, pour pouvoir apprendre au peuple les Mystères de la Foi chrétienne avec les préceptes de la Loi divine, l’exhorter à la Piété et à la Vertu, le retirer et l’éloigner du vice. Car le Prêtre a deux grands devoirs à remplir : l’un de produire et d’administrer les sacrements, l’autre d’enseigner aux Fidèles confiés à sa garde les choses et les règles de conduite nécessaires au salut.
Pour remplir le premier de ces devoirs, il n’est pas besoin, il est vrai, d’une science extraordinaire, mais d’autre part une science commune ne suffit point pour s’acquitter convenablement du second. Cependant on ne demande pas également à tous les Prêtres de savoir le dernier mot sur les points les plus obscurs.
C’est assez que chacun connaisse ce qui est indispensable pour l’exercice de sa charge et de son ministère.
Quoique destiné directement au bien et à l’avantage de l’Eglise, le Sacrement de l’Ordre produit néanmoins dans l’âme de celui qui le reçoit, la Grâce de la sanctification qui le rend propre et habile à remplir ses Fonctions et à administrer les Sacrements d’une manière convenable, de même que la grâce du Baptême rend propre à recevoir tous les autres Sacrements.
Il est encore une autre Grâce que l’Ordre confère, c’est une puissance particulière par rapport au très saint sacrement de l’Eucharistie ; puissance pleine et parfaite dans le Prêtre, parce qu’il peut seul consacrer le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais plus ou moins grande dans les Ordres inférieurs, selon que leur ministère les rapproche plus ou moins du sacrement de l’Autel. C’est cette grâce que l’on appelle caractère spirituel, parce qu’elle est comme une marque imprimée dans l’âme de ceux qui ont été ordonnés, qui sert à les distinguer des simples Fidèles, et qui les consacre au service divin. C’est cette Grâce que l’Apôtre avait sans doute en vue, quand il écrivait à Timothée : Ne négligez pas la Grâce qui est en vous, qui vous a été donnée suivant une révélation prophétique, avec l’imposition des mains des Prêtres ; et encore : Je vous avertis de ressusciter la Grâce de Dieu qui est en vous par l’imposition de mes mains. 


Parlons d’abord de la nature et des propriétés du Mariage, tant il est à craindre que les Fidèles trompés par une fausse apparence de Mariage, ne vivent dans l’erreur en suivant l’entraînement de leurs caprices. Mais pour donner ces explications il faut voir d’abord ce que signifie ce mot de Mariage (4).
Le Mariage est l’union conjugale, contractée selon les Lois de l’Eglise, et constituant une communauté de vie inséparable.
Pour bien comprendre toutes les parties de cette définition, il faut remarquer que si, dans un Mariage parfait, on trouve tout d’abord le consentement intérieur des personnes, puis un pacte, ou convention extérieure exprimée par des paroles, ensuite l’obligation et le lien qui naît de la convention, et enfin les rapports des époux qui achèvent le Mariage, rien de tout cela cependant n’en renferme la nature et l’essence, excepté cette obligation, ce lien qui est indiqué dans le mot d’union.
On ajoute le mot conjugale, parce que les autres contrats ou conventions pour lesquels les époux s’obligent à se prêter un mutuel secours, par argent, ou autrement, n’ont rien de commun avec le Mariage.
Ces mots qui viennent ensuite, contractée suivant les lois, ou bien, entre personnes légitimes, nous montrent qu’il est des personnes à qui les lois interdisent absolument le Mariage, et par conséquent qui ne peuvent contracter validement cette sorte d’union ; et celle qu’elles tenteraient serait nulle. Ainsi par exemple le Mariage ne peut être contracté légitimement ni validement entre personnes parentes au quatrième degré, ni entre celles qui n’auraient point l’âge fixé par les lois qui régissent la matière et que l’on doit toujours observer fidèlement.
Enfin nous avons dit que le Mariage oblige les époux à vivre dans une communauté inséparable, parce que le lien qu’il établit entre eux est a priori indissoluble.
Le Mariage n’est pas une simple donation, c’est un pacte mutuel, par conséquent le consentement d’un seul ne saurait suffire pour le former, il faut le consentement des deux parties. Or il est clair que la parole est nécessaire pour manifester le consentement réciproque des cœurs.
Après ces explications il faudra faire remarquer que le Mariage a un double caractère : on peut le considérer comme une union naturelle (car ce n’est pas une invention des hommes, mais une institution de la nature), ou bien comme un Sacrement, dont la vertu est supérieure aux choses purement naturelles. Et comme la grâce perfectionne la nature, et que, au témoignage de l’Apôtre le spirituel ne précède point ce qui est animal, mais qu’il ne vient qu’après, l’ordre logique demande que nous traitions d’abord du Mariage, en tant qu’il est fondé sur la nature et qu’il produit des obligations naturelles. Nous exposerons ensuite ce qu’il est comme Sacrement.
La base de l’Institution du Mariage est tout entière dans la Genèse, où il est écrit : Dieu créa l’homme et la femme. Il les bénit et leur dit : croissez et multipliez. Et encore : Il n’est pas bon que l’homme soit seul : faisons-lui un aide qui lui ressemble. Puis un peu plus loin : Il ne se trouvait point pour Adam d’aide qui fut semblable à lui. Le Seigneur lui envoya un doux sommeil, et pendant qu’il dormait Il lui tira une côte, et mit de la chair à la place, et de la côte qu’Il venait d’enlever à Adam Il forma la femme qu’Il lui présenta, et Adam, la voyant, s’écria : c’est l’os de mes os et la chair de ma chair. Elle sera appelée d’un nom pris de l’homme parce qu’elle a été tirée de l’homme. C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère, et il s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une même chair. 
Quant à ces paroles du Seigneur : Croissez et multipliez, elles ont pour but de faire connaître la cause de l’institution du Mariage, et non d’en imposer l’obligation à tout le monde. 
Après avoir expliqué ce qui regarde le Mariage considéré comme union naturelle, il faut l’étudier maintenant comme Sacrement, et montrer que sous ce rapport il est beaucoup plus excellent, et qu’il tend à une fin beaucoup plus élevée.
Si le but du mariage, en tant qu’union naturelle, est la propagation de la race humaine, ensuite le Mariage a été élevé à la dignité de Sacrement, afin qu’il en sortit un peuple engendré et formé pour le culte et la religion de Jésus-Christ notre Sauveur.
Aussi cette union sainte de l’homme et de la femme est-elle donnée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même comme le signe visible de cette union si étroite qui existe entre Lui et son Eglise, et de l’immense Charité qu’Il a pour nous. C’est ainsi qu’il a symbolisé la divinité d’un si grand mystère. Et en effet ce choix était de toute convenance, puisque de tous les liens qui enchaînent les hommes entre eux, et qui les rapprochent les uns des autres, il n’en est pas de plus étroit que le Mariage ; les Epoux sont attachés l’un à l’autre par la charité et la bonté la plus grande. Voilà pourquoi nos Saints Livres nous représentent si souvent l’Union divine de Jésus-Christ avec son Eglise sous l’image de noces ou Mariage.
Le premier bien du Mariage, c’est la famille, c’est-à-dire les enfants nés d’une union légitime et véritable.
Le second bien du Mariage, c’est la Foi ; non pas cette vertu de Foi que nous recevons, et qui nous pénètre, en quelque sorte, dans le Baptême ; mais cette Foi mutuelle qui lie si étroitement les Epoux, qu’ils se donnent entièrement l’un à l’autre, avec la promesse de ne jamais violer la sainte alliance du Mariage.
La fidélité du Mariage demande en outre que les Epoux s’aiment d’un amour particulier, tout chaste et tout pur, bien différent (ce qui ne l’exclut pas) de l’amour purement charnel, mais d’un amour semblable à celui de Jésus-Christ pour son Eglise.
Le troisième bien du Mariage, c’est le Sacrement, c’est-à-dire, le lien qui unit les Epoux.   


@ R. P. Paul Clément, Vicaire-Général pour la Région du Nord de la France,
Mission Saint-Michel

 
Notes :

(1) Aussi le texte que nous donnons s’inspire-t-il du Catéchisme Romain Composé par le Concile de Trente, 1564-1566, dans la traduction française faite par E. Marbeau et A. Charpentier, 1906, d’après l’édition Desclée & Cie, Imprimatur à Tournai, 1923.

(2) Une note importante ici, qui regarde les usages de l’Eglise de Saint-Jean-le-Mystique comme de la plupart des Eglises Vieilles-Catholiques : l’entrée dans les Ordres n’est pas réservée aux seuls hommes ; et les femmes y sont admises sur le même pied d’égalité, nulle raison valable les excluant a priori de l’exercice du Culte sous toutes ses formes. Par ailleurs, et comme ce fut l’usage historique, et l’est encore en maintes Eglises ou Communautés chrétiennes, l’Ordination ne force ni au célibat, ni à l’interdiction de la sexualité pour les Clercs entrés dans les Ordres Majeurs.

(3) C’est ici le lieu d’une autre remarque importante. Rappelons que la Hiérarchie de l’Eglise Vieille-Catholique en son ensemble diffère de celle de l’Eglise Catholique Romaine (Vaticane) en ce que ce sont des Archevêques-Primats (qu’on trouve au reste aussi au sein de l’Eglise de Rome) qui constituent la tête, pour chacun, de leur propre territoire ecclésiastique et ce sans qu’aucun ait prééminence sur les autres. Nul autre titre ou fonction au sein de notre Eglise au-delà de l’Archevêque.

(4) Qu’on n’oublie point en ce chapitre l’évolution de la Société comme des mentalités. Sans sacrifier pour autant aux usages sous le seul prétexte de suivre son temps, il n’en demeure pas moins vrai – et pertinent – que nulle Institution ne peut subsister durablement (si elle entend parler à ses contemporains) si elle ne prend en considération les vœux et inclinations légitimes des hommes et des femmes du siècle. Il convenait donc sur nombre de points, de tempérer quelque peu par rapport à certaines exigences qui peuvent s’avérer plus ou moins dépassées de nos jours. Là comme ailleurs, en toute circonstance, conserver à l’esprit et au cœur la tolérance du message de Notre-Seigneur, plus prompt à comprendre qu’à condamner ou rejeter.

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