mercredi 27 août 2014
mercredi 18 juin 2014
mardi 17 juin 2014
Charles Loyson, plus connu sous son nom religieux de Père Hyacinthe, né à Orléans le 10 mars 1827, mort à Paris le 9 février 1912, une figure du Vieux Catholicisme.
Photo figurant dans ma propre collection.
| Type: | Tirage albuminé | Format (cm): | 6,5x10,5 |
| Année: | Circa 1870 |
CDV vintage album en carte de visite, Charles Loyson, plus connu sous son nom religieux de Père Hyacinthe, né à Orléans le 10 mars 1827, mort à Paris le 9 février 1912, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 24), est un prêtre et un prédicateur français. On le connaît plus particulièrement pour ses sermons à Notre-Dame de Paris et pour avoir été excommunié en 1869.
Son père est un inspecteur d'académie, qui fut ensuite nommé recteur d'académie à Metz puis à Pau. Il est proche parent de son parfait homonyme, le poète Charles Loyson.
Hyacinthe Loyson, en même temps que son frère Jules, fait ses études au collège de Pau en qualité de boursier. Il entre en 1845 au séminaire de Saint-Sulpice et est ordonné prêtre en 1851. Successivement professeur au séminaire d'Avignon et de Nantes, puis, vicaire à Saint-Sulpice jusqu'en 1857, il finit par prendre la robe de dominicain du tiers-ordre enseignant à Flavigny.
Puis il part pour Rome, s'enferme environ deux ans à la Trappe, puis revient en France et, après un noviciat à Lyon, entre dans l'ordre des Carmes en 1860 et prononce ses vœux. C'est alors qu'il adopte le nom de Père Hyacinthe, alors que chez les dominicains il avait pu garder son nom.
Hyacinthe Loyson a des difficultés dès le début de son ministère, lorsqu'il invite les francs-maçons à travailler avec les catholiques.
Le père Hyacinthe se fait rapidement remarquer par les sermons enflammés qu'il prononce, d'abord au Lycée de Lyon (en 1862), puis pour l'Avent de 1863 à Bordeaux, et enfin à Périgueux pour le Carême de 1864. Il est alors invité à prêcher à Paris, d'abord au cercle catholique de la rue Cassette, puis à la Madeleine, où ses sermons ont un brillant succès devant un auditoire élégant et mondain. L'originalité un peu théâtrale de son éloquence, son lyrisme exubérant, les sujets souvent scabreux qu'il se plaisait à traiter, tout, jusqu'à son costume de moine, charmait l'assistance qui voyait en lui un successeur de Lacordaire.
De tendance gallicane et d'opinions assez libérales, il est choisi par Monseigneur Darboy pour prêcher l'Avent à la cathédrale de Paris en 1864. Son succès est tel qu'il est reconduit pour les cinq années suivantes. La particularité du père Hyacinthe est de traiter des sujets souvent négligés par les prêtres de l'époque : l'origine du pouvoir, le caractère de la société civile, la souveraineté populaire et le droit divin, la paix, la guerre, des questions intimes ou quotidiennes, telles que l'amour conjugal, le mariage, la famille, la virginité, le rôle des courtisanes dans la société moderne. Il est pour cela critiqué par des catholiques plus conservateurs et ultramontains, comme Louis Veuillot dans le quotidien catholique l'Univers.
La polémique enfle d'années en années. Ses prises de positions libérales et rationalistes lui valent un rappel à l'ordre du Vatican. Mais le pas décisif est franchi, lorsque le 24 juin 1869, invité au Congrès de la Ligue de la Paix, il y parle avec modération des protestants et des juifs. Il y prononce également un discours retentissant contre la guerre: « Tu ne tueras point, dit le commandement éternel ! s'écriait-il, mais condamne-t-il seulement l'homme lâche et cruel qui suit sa victime dans l'ombre et lui enfonce un couteau dans le cœur ou lui brûle la cervelle avec un pistolet ? Le meurtre n'est-il plus un crime quand il se commet en grand et qu'il est le fait d'un prince ou d'une assemblée délibérante ? » et il osait ajouter : « Vous n'avez qu'à appliquer aux peuples la morale des individus et à renverser cette barrière du mensonge: une morale pour la vie privée et une morale pour la vie publique. ». Ce discours fait scandale et cause sa rupture avec Rome.
Rupture avec Rome
Le 20 septembre 1869, il adresse au général de son ordre, au pape et aux journaux une lettre qui eut un grand retentissement, et dans laquelle, en rappelant « les attaques ouvertes et les délations cachées » dont il avait été l'objet, il accuse les « menées d'un parti tout-puissant à Rome », et déclare qu'il ne remonterait plus dans la chaire de Notre-Dame, parce qu'on voulait lui imposer « un langage qui ne serait plus l'entière et loyale expression de sa conscience, une parole faussée par un mot d'ordre, ou mutilée par des réticences ». Il annonce en même temps qu'il s'éloignera de son couvent et, désignant le dogme de l'infaillibilité pontificale qui se prépare et qu'il n'approuve pas, il proteste devant le pape et devant le concile œcuménique qui va se réunir à Rome « contre ces doctrines et ces pratiques qui se nomment chrétiennes, mais qui ne le sont pas, et qui, dans leurs envahissements toujours plus audacieux et plus funestes, tendent à changer la constitution de l'Église ».
Le Père Hyacinthe était alors supérieur des carmes déchaussés de Paris. Quelques jours après, Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, écrit à son « cher confrère », le moine insurgé, une lettre pompeuse pour l'inviter à aller se jeter aux pieds du Saint-Père ; mais il n'en reçoit qu'une courte réponse qui peut se résumer dans cette phrase : « Ce que vous appelez une grande faute commise, je l'appelle un grand devoir accompli. »
Le père Hyacinthe est frappé de l'excommunication majeure le 10 octobre 1869. Redevenu simple prêtre, il part faire une tournée de conférences aux États-Unis où il rencontre un certain succès chez les protestants. De retour en France, il se retire à Bouillac et publie le 30 juillet 1870 une lettre de protestation contre les décisions du concile Vatican I, qui ont érigé en dogme l'infaillibilité personnelle du pape1
Entrée dans l'Église Vieille-Catholique
Après avoir vu, selon son expression, « passer les deux absolutismes qui avaient si lourdement pesé sur l'Église et sur le monde, l'empire des Napoléons et le pouvoir temporel des papes, » il se rend en Italie en mars 1871 et passe quelques mois à Rome. Là, bien qu'excommunié, il reçoit la communion à la Basilique Saint-Pierre, et continue à attirer sur lui l'attention publique en publiant diverses lettres dans les journaux, notamment une lettre à son ami le chanoine Döllinger, chef de l'Église vieille-catholique allemande (26 avril 1871), une autre sur la Commune de Paris (29 mai), une troisième au sujet de la pétition des évêques à l'Assemblée nationale (22 juin). Le 7 juillet suivant, il fait acte d'adhésion complète à la déclaration signée à Munich par les vieux-catholiques, « convaincu, disait-il, que ce grand acte de foi, de science et de conscience sera le point de départ du mouvement réformateur qui seul peut sauver l'Église catholique. »
Peu après, il se rend auprès de Döllinger, et en septembre, il assiste au congrès de Munich, où il prononce des discours. À la fin de cette même année (23 décembre), il reproche amèrement au Père Gratry son adhésion au dogme de l'infaillibilité, qu'il avait si vivement combattue.
Mariage
En 1872, il annonce dans une lettre publiée par les journaux, qu'il renonce au célibat et que le mariage s'impose à lui « comme une de ces lois de l'ordre moral auxquelles on ne résiste pas sans troubler profondément sa vie et sans aller contre la volonté de Dieu » (25 août). Il se rend alors à Londres, où il épouse, le 3 septembre, à Westminster, une Américaine qu'il avait convertie au catholicisme, Mme Émilie Jane Butterfield, veuve Merriman, âgée de trente-cinq ans. Après ce mariage, il n'en continue pas moins à célébrer la messe et à protester de sa parfaite catholicité, qualifiant sa décision de premier pas vers une réforme de l'Église.
Appelé à Genève au commencement de 1873 par des catholiques libéraux, il s'y rend au mois de mars. Il célèbre sa première messe dans l'Église vieille-catholique à Pâques 1873, le 13 avril, dans la salle de lecture de la bibliothèque du Collège Calvin. Le 17 août il célèbre sa première messe en langue française. Il donne également des conférences, déclarant, par exemple dans un sermon qu'il prononça le 4 mai 1873, que la confession obligatoire était essentiellement immorale. Cependant, en août 1874, il renonce à la cure de Genève qu'on lui offrait, car, affirma-t-il, l'Église catholique-nationale « ne devait être ni libérale en politique, ni catholique en religion ». Il ne continue pas moins à combattre pour le mouvement vieux-catholique, attirant les masses par ses sermons à Genève puis à Paris.
Fondation de l'Église gallicane
En 1878, il fonde à Paris l'Église gallicane, une Église catholique indépendante, soutenue par l'Église anglicane en la personne de l'archevêque de Canterbury. Le 9 février 1879 une chapelle est inaugurée au no 7 de la rue de Rochechouart à Paris. Rapidement trop petite, une nouvelle chapelle est ouverte le 6 mars 1881, rue d'Arras, toujours à Paris. Un décret du 3 décembre 1883, signé par Jules Grévy et son ministre de l'Intérieur Waldeck-Rousseau, autorise le fonctionnement de cette chapelle, tout en ne reconnaissant pas le caractère officiel de la nouvelle religion. Il est soutenu dans son action par Léon Séché.
Le Père Hyacinthe, ayant toujours refusé la consécration épiscopale proposée par l'Église anglicane, ne peut ordonner de nouveaux prêtres, condamnant ainsi son mouvement à la marginalisation. D'autre part, son mariage est un obstacle à toute intégration dans l'Église vieille-catholique d'Utrecht, qui à cette époque demande encore le célibat à ses prêtres. L'église de la rue d'Arras se dote alors d'un nouveau vicaire, l'abbé Georges Volet, issu de l'Église catholique chrétienne de Suisse. Le 3 mars 1893, le Père Hyacinthe se démet de toutes ses fonctions à l'intérieur de son Église, laissant Mgr Gul, archevêque de l'Église vieille-catholique de Hollande, prendre possession de la paroisse parisienne.
Il meurt en février 1912, à Paris, dans l'appartement de son fils, au 110 de la rue du Bac, à l'âge de 85 ans, et est enterré au cimetière du Père-Lachaise. Il a eu un fils, Paul Hyacinthe Loyson (Genève 1873 - Paris 1921), qui fut dramaturge.
L'abbé Loyson et ses contemporains
Renan : « Certes la tentation est grande pour le prêtre qui abandonne l'Église de se faire démocrate ; il retrouve ainsi l'absolu qu'il a quitté, des confrères, des amis : il ne fait en réalité que changer de secte. Telle fut la destinée de Lamennais. Une des grandes sagesses de M. l'abbé Loyson a été de résister sur ce point à toutes les séductions et de se refuser aux caresses que le parti avancé ne manque jamais de faire à ceux qui rompent les liens officiels. »
in Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse.
Thérèse de Lisieux, dans son couvent, priait quotidiennement pour le père Loyson.
Source.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyacinthe_Loyson
Hyacinthe Loyson, en même temps que son frère Jules, fait ses études au collège de Pau en qualité de boursier. Il entre en 1845 au séminaire de Saint-Sulpice et est ordonné prêtre en 1851. Successivement professeur au séminaire d'Avignon et de Nantes, puis, vicaire à Saint-Sulpice jusqu'en 1857, il finit par prendre la robe de dominicain du tiers-ordre enseignant à Flavigny.
Puis il part pour Rome, s'enferme environ deux ans à la Trappe, puis revient en France et, après un noviciat à Lyon, entre dans l'ordre des Carmes en 1860 et prononce ses vœux. C'est alors qu'il adopte le nom de Père Hyacinthe, alors que chez les dominicains il avait pu garder son nom.
Hyacinthe Loyson a des difficultés dès le début de son ministère, lorsqu'il invite les francs-maçons à travailler avec les catholiques.
Le père Hyacinthe se fait rapidement remarquer par les sermons enflammés qu'il prononce, d'abord au Lycée de Lyon (en 1862), puis pour l'Avent de 1863 à Bordeaux, et enfin à Périgueux pour le Carême de 1864. Il est alors invité à prêcher à Paris, d'abord au cercle catholique de la rue Cassette, puis à la Madeleine, où ses sermons ont un brillant succès devant un auditoire élégant et mondain. L'originalité un peu théâtrale de son éloquence, son lyrisme exubérant, les sujets souvent scabreux qu'il se plaisait à traiter, tout, jusqu'à son costume de moine, charmait l'assistance qui voyait en lui un successeur de Lacordaire.
De tendance gallicane et d'opinions assez libérales, il est choisi par Monseigneur Darboy pour prêcher l'Avent à la cathédrale de Paris en 1864. Son succès est tel qu'il est reconduit pour les cinq années suivantes. La particularité du père Hyacinthe est de traiter des sujets souvent négligés par les prêtres de l'époque : l'origine du pouvoir, le caractère de la société civile, la souveraineté populaire et le droit divin, la paix, la guerre, des questions intimes ou quotidiennes, telles que l'amour conjugal, le mariage, la famille, la virginité, le rôle des courtisanes dans la société moderne. Il est pour cela critiqué par des catholiques plus conservateurs et ultramontains, comme Louis Veuillot dans le quotidien catholique l'Univers.
La polémique enfle d'années en années. Ses prises de positions libérales et rationalistes lui valent un rappel à l'ordre du Vatican. Mais le pas décisif est franchi, lorsque le 24 juin 1869, invité au Congrès de la Ligue de la Paix, il y parle avec modération des protestants et des juifs. Il y prononce également un discours retentissant contre la guerre: « Tu ne tueras point, dit le commandement éternel ! s'écriait-il, mais condamne-t-il seulement l'homme lâche et cruel qui suit sa victime dans l'ombre et lui enfonce un couteau dans le cœur ou lui brûle la cervelle avec un pistolet ? Le meurtre n'est-il plus un crime quand il se commet en grand et qu'il est le fait d'un prince ou d'une assemblée délibérante ? » et il osait ajouter : « Vous n'avez qu'à appliquer aux peuples la morale des individus et à renverser cette barrière du mensonge: une morale pour la vie privée et une morale pour la vie publique. ». Ce discours fait scandale et cause sa rupture avec Rome.
Rupture avec Rome
Le 20 septembre 1869, il adresse au général de son ordre, au pape et aux journaux une lettre qui eut un grand retentissement, et dans laquelle, en rappelant « les attaques ouvertes et les délations cachées » dont il avait été l'objet, il accuse les « menées d'un parti tout-puissant à Rome », et déclare qu'il ne remonterait plus dans la chaire de Notre-Dame, parce qu'on voulait lui imposer « un langage qui ne serait plus l'entière et loyale expression de sa conscience, une parole faussée par un mot d'ordre, ou mutilée par des réticences ». Il annonce en même temps qu'il s'éloignera de son couvent et, désignant le dogme de l'infaillibilité pontificale qui se prépare et qu'il n'approuve pas, il proteste devant le pape et devant le concile œcuménique qui va se réunir à Rome « contre ces doctrines et ces pratiques qui se nomment chrétiennes, mais qui ne le sont pas, et qui, dans leurs envahissements toujours plus audacieux et plus funestes, tendent à changer la constitution de l'Église ».
Le Père Hyacinthe était alors supérieur des carmes déchaussés de Paris. Quelques jours après, Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, écrit à son « cher confrère », le moine insurgé, une lettre pompeuse pour l'inviter à aller se jeter aux pieds du Saint-Père ; mais il n'en reçoit qu'une courte réponse qui peut se résumer dans cette phrase : « Ce que vous appelez une grande faute commise, je l'appelle un grand devoir accompli. »
Le père Hyacinthe est frappé de l'excommunication majeure le 10 octobre 1869. Redevenu simple prêtre, il part faire une tournée de conférences aux États-Unis où il rencontre un certain succès chez les protestants. De retour en France, il se retire à Bouillac et publie le 30 juillet 1870 une lettre de protestation contre les décisions du concile Vatican I, qui ont érigé en dogme l'infaillibilité personnelle du pape1
Entrée dans l'Église Vieille-Catholique
Après avoir vu, selon son expression, « passer les deux absolutismes qui avaient si lourdement pesé sur l'Église et sur le monde, l'empire des Napoléons et le pouvoir temporel des papes, » il se rend en Italie en mars 1871 et passe quelques mois à Rome. Là, bien qu'excommunié, il reçoit la communion à la Basilique Saint-Pierre, et continue à attirer sur lui l'attention publique en publiant diverses lettres dans les journaux, notamment une lettre à son ami le chanoine Döllinger, chef de l'Église vieille-catholique allemande (26 avril 1871), une autre sur la Commune de Paris (29 mai), une troisième au sujet de la pétition des évêques à l'Assemblée nationale (22 juin). Le 7 juillet suivant, il fait acte d'adhésion complète à la déclaration signée à Munich par les vieux-catholiques, « convaincu, disait-il, que ce grand acte de foi, de science et de conscience sera le point de départ du mouvement réformateur qui seul peut sauver l'Église catholique. »
Peu après, il se rend auprès de Döllinger, et en septembre, il assiste au congrès de Munich, où il prononce des discours. À la fin de cette même année (23 décembre), il reproche amèrement au Père Gratry son adhésion au dogme de l'infaillibilité, qu'il avait si vivement combattue.
Mariage
En 1872, il annonce dans une lettre publiée par les journaux, qu'il renonce au célibat et que le mariage s'impose à lui « comme une de ces lois de l'ordre moral auxquelles on ne résiste pas sans troubler profondément sa vie et sans aller contre la volonté de Dieu » (25 août). Il se rend alors à Londres, où il épouse, le 3 septembre, à Westminster, une Américaine qu'il avait convertie au catholicisme, Mme Émilie Jane Butterfield, veuve Merriman, âgée de trente-cinq ans. Après ce mariage, il n'en continue pas moins à célébrer la messe et à protester de sa parfaite catholicité, qualifiant sa décision de premier pas vers une réforme de l'Église.
Appelé à Genève au commencement de 1873 par des catholiques libéraux, il s'y rend au mois de mars. Il célèbre sa première messe dans l'Église vieille-catholique à Pâques 1873, le 13 avril, dans la salle de lecture de la bibliothèque du Collège Calvin. Le 17 août il célèbre sa première messe en langue française. Il donne également des conférences, déclarant, par exemple dans un sermon qu'il prononça le 4 mai 1873, que la confession obligatoire était essentiellement immorale. Cependant, en août 1874, il renonce à la cure de Genève qu'on lui offrait, car, affirma-t-il, l'Église catholique-nationale « ne devait être ni libérale en politique, ni catholique en religion ». Il ne continue pas moins à combattre pour le mouvement vieux-catholique, attirant les masses par ses sermons à Genève puis à Paris.
Fondation de l'Église gallicane
En 1878, il fonde à Paris l'Église gallicane, une Église catholique indépendante, soutenue par l'Église anglicane en la personne de l'archevêque de Canterbury. Le 9 février 1879 une chapelle est inaugurée au no 7 de la rue de Rochechouart à Paris. Rapidement trop petite, une nouvelle chapelle est ouverte le 6 mars 1881, rue d'Arras, toujours à Paris. Un décret du 3 décembre 1883, signé par Jules Grévy et son ministre de l'Intérieur Waldeck-Rousseau, autorise le fonctionnement de cette chapelle, tout en ne reconnaissant pas le caractère officiel de la nouvelle religion. Il est soutenu dans son action par Léon Séché.
Le Père Hyacinthe, ayant toujours refusé la consécration épiscopale proposée par l'Église anglicane, ne peut ordonner de nouveaux prêtres, condamnant ainsi son mouvement à la marginalisation. D'autre part, son mariage est un obstacle à toute intégration dans l'Église vieille-catholique d'Utrecht, qui à cette époque demande encore le célibat à ses prêtres. L'église de la rue d'Arras se dote alors d'un nouveau vicaire, l'abbé Georges Volet, issu de l'Église catholique chrétienne de Suisse. Le 3 mars 1893, le Père Hyacinthe se démet de toutes ses fonctions à l'intérieur de son Église, laissant Mgr Gul, archevêque de l'Église vieille-catholique de Hollande, prendre possession de la paroisse parisienne.
Il meurt en février 1912, à Paris, dans l'appartement de son fils, au 110 de la rue du Bac, à l'âge de 85 ans, et est enterré au cimetière du Père-Lachaise. Il a eu un fils, Paul Hyacinthe Loyson (Genève 1873 - Paris 1921), qui fut dramaturge.
L'abbé Loyson et ses contemporains
Renan : « Certes la tentation est grande pour le prêtre qui abandonne l'Église de se faire démocrate ; il retrouve ainsi l'absolu qu'il a quitté, des confrères, des amis : il ne fait en réalité que changer de secte. Telle fut la destinée de Lamennais. Une des grandes sagesses de M. l'abbé Loyson a été de résister sur ce point à toutes les séductions et de se refuser aux caresses que le parti avancé ne manque jamais de faire à ceux qui rompent les liens officiels. »
in Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse.
Thérèse de Lisieux, dans son couvent, priait quotidiennement pour le père Loyson.
Source.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyacinthe_Loyson
lundi 9 juin 2014
Au sujet des saints Ordres
Suite à une demande effectuée par un visiteur, voici notre réponse: "Les saints Ordres de tous les Patriarcats sont tous issus de JESUS-CHRIST. Lorsque l'intention de faire ce qu'a toujours fait l'Eglise a été respectée, lorsque les Evêques ont voulu transmettre le sacerdoce dans sa plénitude tel que l'a toujours entendu et compris l'Eglise, ces Ordres sont indubitalement valides.
Les Eglises :
Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome, Constantinople, Moscou, possèdent la succession apostolique, leurs Evêques sont successeurs des Apôtres"
totalité du texte mis en ligne sur notre blog
http://missionsaint-jean.blogspot.fr/2008/09/blog-post.html
Les Eglises :
Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome, Constantinople, Moscou, possèdent la succession apostolique, leurs Evêques sont successeurs des Apôtres"
totalité du texte mis en ligne sur notre blog
http://missionsaint-jean.blogspot.fr/2008/09/blog-post.html
mercredi 28 mai 2014
MARIAGE DES PRETRES
Ce n' est qu' au début du III° siècle
que tout un vocabulaire emprunté au domaine du Sacré propre à l'
Ancien Testament – va s' introduire progressivement dans l' Eglise.
On commencera à
parler de Prêtres en utilisant les mots « sacerdos » ou
« hiérus ».
XXXIX
(f° 93)
L'
Apôtre Pierre était marié – et si l' on en croit l' Apôtre
Paul, dans (1 Cor. 9, 5°) « N' avons-nous pas le droit de
faire suivre une femme croyante comme les autres Apôtres et les
frères du Seigneur et Céphas ». Les Ministres de l' Evangile
étaient accompagnés de leurs épouses, et Clément d' Alexandrie
montre que l' Amour conjugal du premier Pape et de sa femme atteignit
son apogée au moment du martyr de l' Apôtre.
XL
Dans
le Concile d' Elvire en Espagne on tenta d'
imposer la continence aux clercs mariés. L' Eglise d' Orient s' y
opposa mais l' idée gagnera en Occident. A la même époque, St
Jérome défendra l' utilité de l' état de mariage pour les
prêtres, la virginité risquant d' engendrer l' orgueil, écrivit-il
dans « Adversus Jovenium » (1.34 . Pl. 23 . 257
b.).
L' Eglise latine interdira
totalement le mariage pour les Prêtres au Concile de Latran de 1123
et 1139. (f° 94).
XLI
Le
2-2-70 Paul VI dans une lettre au Cardinal Villot envisage l'
ordination d' hommes mariés pour pallier à la crise des Prêtres.
XLII
Du
Patriarche Athénagoras dans « Dialogues » : « Nous
aussi dans l' Eglise Orthodoxe, nous avons chargé
l' homme de fardeaux inutiles que l' Evangile ne justifie pas. Ainsi
nous ordonnons au sacerdoce un homme marié, mais nous interdisons à
un Prêtre célibataire de se marier après son ordination. Un prêtre
célibataire, s' il l' est, non par vocation du célibat, mais parce
qu' il n' a pas rencontré avant son ordination celle qui a vocation
d' être sa femme, doit pouvoir l' épouser, après, s' il la
rencontre sinon, il n' y pas de justice dans l' Eglise ». (f°
97)
XLIII
Au
synode de 1971 déjà plusieurs évêques et les cardinaux Alfrink et
Suenens ont précisé leur position résumée par Mgr Schmitt qui
tend à faire réintégrer les Prêtres mariés . (F° 100).
XLIV
Dans les « Lois
Ecclésiastiques » (fos
747-802). Pendant les premiers siècles de l' Eglise (nous apprend le
décret de Gratien, distinction LVI) la naissance illégitime des
enfants des Prêtres ne les rendaient point irréguliers. On était
persuadé que les enfants ne devaient pas souffrir de leurs Pères.
J.C.le souverain Pontife est né selon la chair, disait St Jérome de
parents qui devaient leur naissance à des conjonctions adultérines :
et ils nous apprit par là que quelle que puisse être la naissance
d' un clerc, on peut l' élever aux ordres, s' il a les qualités
requises. Le scandale que causa dans la suite le grand nombre d'
enfants illégitimes des Prêtres, qui étaient promus aux saints
Ordres engagea le Pape Urbain II à déclarer irréguliers les
enfants des Prêtres qui n' étaient point nés d' un mariage
légitime, à moins qu' ils n' entrassent dans un monastère ou dans
une maison de chanoines réguliers ».
Ce
décret de Gratien nous parlant du décret d' Urbain II nous montre
indubitablement qu' en 1095 les Prêtres étaient autorisés à se
marier et que cette pratique n' était nullement interdite, car,
rappelons que le mariage civil n' existait pas à cette époque, le
mariage légitime ne pouvait se faire qu' à l' Eglise.
Source : texte extrait du livre "Des Femmes Prêtres ?" de P. GALLAY - Edition Bordas de poche.
Source : texte extrait du livre "Des Femmes Prêtres ?" de P. GALLAY - Edition Bordas de poche.
date d'édition : 1973.
jeudi 8 mai 2014
IIIum SYMPOSIUM SYRO-ARABICUM (3-7 February 2015)
2nd Announcement
Object: Participation at the IIIum Symposium Syro-Arabicum, organized by
● The Department of Syro-Antiochian Sciences at the Holy Spirit University of Kaslik
(USEK) and the
● Center for Documentation and Research on Arab Christianity (CEDRAC).
Madam, Sir, Rev. Father,
We would like to remind you of the double Congress jointly undertaken by the
Department of Syro-Antiochian Sciences (USEK) and the Center for Documentation and
Research on Arab Christianity (CEDRAC) relative to the IIIum Symposium Syro-Arabicum.
This double Congress will be held in Lebanon from 3 to 7 February 2015. It will deal
with everything concerning the Syriac and the Christian Arab world: literature, history, art,
theology, liturgy, etc.
We would be grateful for letting us know, by either an affirmative or negative reply.
1. If you intend to participate
2. If you intend to give a contribution to the Syriac field
3. If you intend to give a contribution in the Christian Arab area
Please let us know by June 30, 2014, even if it’s only an intention. This will allow us to
know more or less how many people intend to participate, and to choose the venue of the
Congress accordingly.
As the previous two symposia, it is located between the 11th Symposium Syriacum-9th
International Congress of Arab Christian Studies (held in Malta in July 2012) and the 12th
Symposium Syriacum-10th International Congress of Arab Christian Studies (to be held as
scheduled in Rome, Italy, beginning September 2016).
Hoping for a favorable response from you, we thank you for your interest in our
initiative.
Fr. Samir Khalil SAMIR
Director of CEDRAC
Fr. Abdo BADWI
The head of Department
Coordinates: Tel.: 00961.9600726 - 00961.9600073
e-mail: Syroantiochien@usek.edu.lb
---------------------------
IIIum SYMPOSIUM SYRO-ARABICUM
(3-7 Février 2015)
2e
Annonce
Objet: Participation au IIIum Symposium Syro-Arabicum, organisé par
● le Département des Sciences Syro-Antiochiennes de l’Université Saint-Esprit de Kaslik
(USEK) et
● le Centre de Documentation et de Recherches Arabes Chrétiennes (CEDRAC).
Madame, Monsieur, Rév. Père,
Nous aimerions vous rappeler le double Congrès qu’entreprennent conjointement le Département des Sciences Syro-Antiochiennes (USEK) et le Centre de Documentation et de Recherches Arabes Chrétiennes (CEDRAC) relatif au IIIum Symposium Syro-Arabicum.
Ce double Congrès se tiendra au Liban du 3 au 7 février 2015. Il traitera de tout ce qui concerne le monde syriaque et le monde arabe chrétien : littérature, histoire, art, théologie, liturgie, etc.
Nous vous serions reconnaissants de nous faire savoir, par oui ou par non
1. si vous avez l’intention d’y participer
2. si vous avez l’intention d’y donner une contribution dans le domaine syriaque
3. si vous avez l’intention d’y donner une contribution dans le domaine arabe chrétien
Prière de nous faire savoir cela d’ici le 30 juin 2014, même s’il s’agit seulement d’une intention. Cela nous permettra de savoir plus ou moins combien de personnes ont l’intention d’y participer, pour choisir le lieu du congrès en conséquence.
Comme les deux précédents Symposiums, celui-ci se situe entre le 11e Symposium Syriacum–9e
Congrès International des Études Arabes Chrétiennes et le 12e Symposium Syriacum–10e
Congrès International des Études Arabes Chrétiennes qui se tiendra comme prévu à Rome, Italie, début septembre 2016.
Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à notre initiative et vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.
P. Samir Khalil SAMIR
Directeur du CEDRAC
P. Abdo BADWI
Chef du Département
Coordonnées :
Object: Participation at the IIIum Symposium Syro-Arabicum, organized by
● The Department of Syro-Antiochian Sciences at the Holy Spirit University of Kaslik
(USEK) and the
● Center for Documentation and Research on Arab Christianity (CEDRAC).
Madam, Sir, Rev. Father,
We would like to remind you of the double Congress jointly undertaken by the
Department of Syro-Antiochian Sciences (USEK) and the Center for Documentation and
Research on Arab Christianity (CEDRAC) relative to the IIIum Symposium Syro-Arabicum.
This double Congress will be held in Lebanon from 3 to 7 February 2015. It will deal
with everything concerning the Syriac and the Christian Arab world: literature, history, art,
theology, liturgy, etc.
We would be grateful for letting us know, by either an affirmative or negative reply.
1. If you intend to participate
2. If you intend to give a contribution to the Syriac field
3. If you intend to give a contribution in the Christian Arab area
Please let us know by June 30, 2014, even if it’s only an intention. This will allow us to
know more or less how many people intend to participate, and to choose the venue of the
Congress accordingly.
As the previous two symposia, it is located between the 11th Symposium Syriacum-9th
International Congress of Arab Christian Studies (held in Malta in July 2012) and the 12th
Symposium Syriacum-10th International Congress of Arab Christian Studies (to be held as
scheduled in Rome, Italy, beginning September 2016).
Hoping for a favorable response from you, we thank you for your interest in our
initiative.
Fr. Samir Khalil SAMIR
Director of CEDRAC
Fr. Abdo BADWI
The head of Department
Coordinates: Tel.: 00961.9600726 - 00961.9600073
e-mail: Syroantiochien@usek.edu.lb
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IIIum SYMPOSIUM SYRO-ARABICUM
(3-7 Février 2015)
2e
Annonce
Objet: Participation au IIIum Symposium Syro-Arabicum, organisé par
● le Département des Sciences Syro-Antiochiennes de l’Université Saint-Esprit de Kaslik
(USEK) et
● le Centre de Documentation et de Recherches Arabes Chrétiennes (CEDRAC).
Madame, Monsieur, Rév. Père,
Nous aimerions vous rappeler le double Congrès qu’entreprennent conjointement le Département des Sciences Syro-Antiochiennes (USEK) et le Centre de Documentation et de Recherches Arabes Chrétiennes (CEDRAC) relatif au IIIum Symposium Syro-Arabicum.
Ce double Congrès se tiendra au Liban du 3 au 7 février 2015. Il traitera de tout ce qui concerne le monde syriaque et le monde arabe chrétien : littérature, histoire, art, théologie, liturgie, etc.
Nous vous serions reconnaissants de nous faire savoir, par oui ou par non
1. si vous avez l’intention d’y participer
2. si vous avez l’intention d’y donner une contribution dans le domaine syriaque
3. si vous avez l’intention d’y donner une contribution dans le domaine arabe chrétien
Prière de nous faire savoir cela d’ici le 30 juin 2014, même s’il s’agit seulement d’une intention. Cela nous permettra de savoir plus ou moins combien de personnes ont l’intention d’y participer, pour choisir le lieu du congrès en conséquence.
Comme les deux précédents Symposiums, celui-ci se situe entre le 11e Symposium Syriacum–9e
Congrès International des Études Arabes Chrétiennes et le 12e Symposium Syriacum–10e
Congrès International des Études Arabes Chrétiennes qui se tiendra comme prévu à Rome, Italie, début septembre 2016.
Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à notre initiative et vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.
P. Samir Khalil SAMIR
Directeur du CEDRAC
P. Abdo BADWI
Chef du Département
Coordonnées :
dimanche 4 mai 2014
Origine de l’Église « vieille-catholique » d’Utrecht.
Mgr Dominique-Marie Varlet (1678-1742),
à l’origine de l’Église « vieille-catholique » d’Utrecht.
...C’est à ce but, que travailla par exemple Mgr Dominique-Marie Varlet (1678-1742), à l'origine du schisme d’avec l'Église catholique romaine qui aboutira à la création aux Pays-Bas de l’Eglise vieille catholique d’Utrecht. En effet Varlet, qui avait grandi à Paris, près du mont Valérien, là où se trouvait une communauté janséniste du nom de « Prêtres du Calvaire », après son doctorat en théologie à la Sorbonne et son ordination presbytérale en 1706, exerça son ministère dans les paroisses aux alentours de Paris, là où, précisément, il développa une vision novatrice de la liturgie eucharistique, notamment en s’unissant dans ses célébrations, chose extrêmement audacieuse pour l’époque, avec le pasteur réformé de la paroisse d’Asnières, proposant un « culte » dans lequel l’homélie et la prière intérieure prirent une place tout à fait significative. C’est ce qui lui vaudra les foudres de sa hiérarchie, le contraignant à se rapprocher du séminaire des Missions étrangères à Paris, décidant finalement, afin de poursuivre son œuvre toute consacrée au salut des âmes, de partir évangéliser les indiens d’Amérique. Ainsi, s’embarquant à la Rochelle, et après un passage aux Antilles, il arriva en Louisiane le 6 juin 1713, avec pour mandat ecclésial de « restaurer la mission des indiens Tamarôas ». Ce que fit alors Varlet, marqué par ses expériences liturgiques parisiennes, est proprement prodigieux, comme le rapporte sa correspondance, puisque de 1713 à 1718, il évangélisa la Nouvelle-France, des rives du Mississipi en remontant vers l’Illinois, longeant les grands lacs Huron et Erié, doublant les chutes du Niagara et suivant le Saint Laurent jusqu’au Québec, vivant avec les Tamarôas, apprenant la langue des tribus iroquoises et algonquines dont il partagea l’existence, allant jusqu’à s’adapter à leur mode de vie semi-nomade, habitant sous un tipi en forêt, et surtout, car c’est là le point qui importe pour notre sujet, célébrant des offices « en esprit et en vérité », sans aucun décorum d’aucune sorte, expliquant aux populations indigènes comment prier et s’adresser directement au Christ sans intermédiaire par l’exercice de la prière, leur disant, en insistant tout particulièrement sur ce point, que c’est ce en quoi consistent le véritable culte chrétien et l’authentique mystère sacré du christianisme, qui doivent rayonner à travers le cœur de l’homme. Il faut d’ailleurs savoir, à ce sujet, car on l’ignore le plus souvent, que la forme de cet apostolat fut possible, grâce à Monseigneur Jean-Baptiste La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727), évêque de l’Église de Québec, puisque La Croix de Saint-Vallier, né à Grenoble, ancien élève de la Faculté de Paris, avait baigné dans l’atmosphère des principes augustiniens dispensés par l’évêque de Grenoble, Mgr Le Camus (1632-1707), qui fut l’un des opposants les plus résolus à la bulleUnigenitus. C’est pourquoi, toutes les leçons acquises de l’expérience pastorale de Varlet à Paris, purent être mises en pratique au Canada, et c’est cette sensibilité, tournée vers le plus grand dépouillement et l’extrême simplicité allant jusqu’à la nudité même de l’esprit - objet constant de l’œuvre de Varlet en tant que sensibilité ayant pris naissance dès les premiers temps de son ministère -, qui obtint de si beaux fruits sur le plan spirituel, comme le rappelle son biographe :« Avec Jacques Jubé, le pasteur de la paroisse d’Asnières, Varlet a travaillé à un aggiornamento de la liturgie (…) Cette liturgie mérite qu’on s’y attarde tant elle innove pour l’époque. D’abord, on pourrait croire à l’influence de la Réforme : le prêtre entrait dans l’église par une procession qui mettait en lumière le livre de la Parole de Dieu et il ne montait à l’autel que pour l’offertoire. Toute la première partie de la messe se célébrait dans le choeur et attachait une grande importance à l’homélie qui devait consister en un approfondissement des Écritures. Ensuite, pour ce qui est de l’offertoire, on en donnait une interprétation qui se rapprochait de celle de la grande prière juive du « pater familias », la berakoth. » (Serge A. Thériault, Dominique-Marie Varlet, lettres du Canada et de la Louisiane (1713-1724), Contribution à l’étude de l’œuvre d’un ancien vicaire général du diocèse de Québec qui est à l’origine de l’Église vieille-catholique d’Utrecht, Presses de l’Université du Québec, 1985, pp. 20-21). Rajoutons, pour essayer d’être complet sur cette question, qu’on sait aussi que La Croix de Saint-Vallier avait été en rapports avec l’évêque d’Alet, Nicolas Pavillon, dont le nom fut également associé à la querelle janséniste. D’ailleurs, le premier rituel de Québec sera fortement inspiré de celui d’Alet qui contenait textuellement, de nombreuses propositions qui furent condamnées par l’Église, rituel, que l’opinion commune attribue à Arnauldet à Barcos, soutenant, selon le bref de Rome : « des doctrines et des propositions fausses, singulières, dangereuses et erronées dans la pratique, contraires à la coutume communément reçue dans l’Église.» (Bref Credita Nobis, 9 avril 1668).
*
La suite de l’histoire de Dominique-Marie Varlet est un peu plus connue. Rappeléen France par sa hiérarchie en 1718, dès son arrivée à Paris, ses supérieurs lui apprennent qu’il est nommé évêque coadjuteur de l’évêque de Babylone. Avant de se rendre en Perse, il est cependant consacré évêque le 19 février 1719 dans la chapelle des Missions étrangères, puis se met en route le 18 mars suivant. Sur son chemin, celui qui est désormais Mgr Varlet, s’arrête à Amsterdam où il rencontre une population dépourvue des sacrements, notamment celui de la confirmation, de par la vacance du siège épiscopal d’Utrecht en raison d’un conflit de l’Église locale avec Rome. Sensible au désarroi spirituel dont il est témoin, Varlet, comme toujours et selon son ardent amour des âmes, dans un souci de charité, procède à la célébration des confirmations dans la cathédrale. Il repart, et arrive, après un très long voyage, en Perse s’établissant à Shamaké. Pourtant, le 26 mars 1720, il est informé qu’à Rome, la Congrégation de la propagande l’a suspendu de sa charge depuis le 7 mai 1719, en sanction de son geste charitable envers les fidèles de l’Église d’Utrecht, et également, de ce qu’il ait fait en sorte, de ne pas souscrire à la bulle Unigenitus avant son départ de Paris. Varlet revient à Amsterdam, tente de faire annuler sa suspense, se rend de nouveau à Paris, confirme cette fois-ci ouvertement aux autorités, qu’il refuse de signer la bulleUnigenitus, et retourne à Amstermdam où le 15 octobre 1724, allant au bout de sa démarche, il consacre en sa chapelle privée, Corneille Steenoven, l’archevêque qui avait été élu par le chapitre d’Utrecht, mais que Rome refusait. Le 22 février 1725, par le bref Qua sollicitudine, le pape Benoît XIII prononçait l’excommunication de Mgr Varlet et de tous ceux qui étaient impliqués dansl’élection et le sacre de l’archevêque d’Utrecht. Ce dernier décédant, le 3 avril, Mgr Varlet, à présent excommunié, et dont on voit en cela la détermination à conférer sa transmission épiscopale de sorte que se constitue une transmission d’Église selon ses vœux théologiques et pastoraux, consacrait un nouvel archevêque, Corneille Jean Barchman Wuytiers, le 30 septembre, en l’église Saint-Jacques et Saint-Augustin de La Haye. En 1733, Mgr Corneille Jean Barchman Wuytiers mourrait à son tour, amenant Mgr Varlet à consacrer en 1734, le 28 octobre, Thodore van der Croon, comme nouvel archevêque d’Utrecht, qui lui-même décédait cinq ans plus tard en 1739, faisant que Varlet, une fois encore, le 18 octobre de cette même année, consacrait Pierre Jean Meindaerts, qui finalement sera à l’origine de la succession apostolique de Varlet dite de l’Église « vieille-catholique » d’Utrecht. Dominique-Marie Varlet, quant à lui, rejoindra le Ciel le 14 mai 1742 à Rijnwijk, et fut Inhumé dans le cloître de l’église Sainte-Marie d’Utrecht. Le « Testament spirituel de Mgr Dominique-Marie Varlet,évêque de Babylone », qui résumait les raisons de son action, fut publié dans le bulletin janséniste, les Nouvelles ecclésiastiques, à Paris, le 25 novembre 1742.
*
Nous ne saurions laisser le très attachant Dominique-Marie Varlet, sans citer un extrait d’une lettre
inédite, que lui avait fait parvenir son évêque, du temps de son œuvre pastorale en Nouvelle-France. Voici ce que lui disait son pasteur : « Comptez beaucoup plus sur la force des prières que vous offrez à Dieu pour la conversion de ce peuple aveugle. Ainsi, vous ne sauriez trop travailler à les rendre purs et fervents par une grande union avec Dieu. (…) Ce n’est point par la force que vous vaincrez la jonglerie...[le paganisme], mais par la patience, par l’oraison et par de persévérantes exhortations. Vous gagnez leur coeur en sorte qu’ils vous aiment et estiment la prière. Le reste dépend de Dieu et viendra avec le temps. (…) Je bénis Dieu de s’être voulu servir de vous pour la conversion et la sanctification de tant d’âmes abandonnées. N’oubliez point, dans vos prières et saints sacrifices, un évêque qui vous honorera, non pas seulement jusqu’à la mort, et qui vous assure de tout le respect que vous méritez et avec lequel je suis, autant qu’on le peut être, votre très humble et très obéissant serviteur. » (Jean, [La Croix de Saint-Vallier], évêque de Québec,le 20 juillet 1719).
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