Parce que nos « sources » sont identiques, les textes auxquels nous renvoyons dans notre pratique sont donc ceux de l’Ordre Romain ; sous la forme qu’il avait avant le Concile de Vatican II plus exactement (forme dite « Tridentine », ou Messe de Saint Pie V, aujourd’hui « Extraordinaire » du Rite Romain, avec les Rubriques afférentes). Cela étant, renvoyer à cette forme traditionnelle de la Liturgie ne doit aucunement laisser entendre que les formes autres (au nombre desquelles celle dite « Ordinaire » : Messe du Pape Paul VI) sont inintéressantes voire invalides (même si quelques-uns le prétendent ou l’affirment) ; c’est que, simplement, l’Union Vieille Catholique, comme tant d’autres, en ses diverses Eglises ou Missions locales, aura souhaité conserver le plus intact possible une architecture rituelle que nos prédécesseurs ont patiemment mûrie et élaborée : dès lors, garante de certaine unité nécessaire, de certaine pérennité souhaitable. Au reste, le Rite n’engage pas que l’Humain…
Toutefois, et parce que nos usages ne sont pas tous ceux de Rome (et, notre Eglise est notamment organisée différemment, avec un Clergé reposant uniquement sur des Archevêques-Primats, chacun responsable des Clercs et Fidèles qui relèvent de lui seul), quand même les textes de référence (dont les Rubriques, associées tant au Missel qu’au Bréviaire ou au Pontifical par exemple) sont pourtant ceux de Rome, il conviendra chaque fois qu’on recourra aux textes « législatifs » ou « régulateurs », qu’on n’oublie point l’époque et les circonstances dans lesquelles ils ont été pensés et rédigés (en un mot : les usages du temps Ŕ XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles pour le corpus rituel) ; si pour l’essentiel nous voulons demeurer fidèles à la Tradition ecclésiale telle qu’elle se manifeste dans l’Ordre Romain, il ne faut pas pour autant négliger l’évolution, tant de la Société humaine en général, que celle des pratiques : en un mot, en rien, et sous aucun prétexte, confondre attachement légitime à la Tradition et sclérose aveuglante d’un « traditionalisme » qui enferme et exclut. C’est dire qu’il faudra en maintes occasions, prendre le seul nécessaire, et qui est en adéquation avec les pratiques effectives de notre Sainte Eglise.
Père Paul Clément de l'E.M.S.J., en la Mission Saint-Michel dans le département du nord de la France.
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